France-Fillon prêt à contourner Maastricht avant l'"équilibre" en 2022

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    PARIS, 14 septembre (Reuters) - François Fillon, candidat à 
l'investiture présidentielle à droite, a de nouveau défendu 
mercredi son plan drastique de redressement des finances 
publiques françaises tout en soulignant l'inéluctabilité d'une 
nouvelle entorse aux règles européennes sur les déficits lors du 
prochain quinquennat. 
    L'ancien Premier ministre, qui plafonne à 10% des intentions 
de vote, a de nouveau opposé le "sérieux" et la "crédibilité" de 
son programme, qui prévoit 100 milliards d'euros d'économies en 
cinq ans  , aux propositions "datées" de Nicolas 
Sarkozy et à celui "très prudent" d'Alain Juppé, "qui n'est pas 
de nature à provoquer le choc nécessaire". 
    "Je vois que le débat sur l'identité nationale bat son 
plein. Il est important mais il restera virtuel si la France ne 
retrouve pas la maîtrise de son destin", a-t-il déclaré lors 
d'une conférence de presse. 
    "De même, le débat sur la sécurité est une manière 
d'occulter son incapacité à résoudre les problèmes économiques 
du pays", a-t-il ajouté. 
    Le député de Paris estime que la France s'expose à "une 
crise financière majeure" si elle ne produit pas un effort 
massif qui, de son point de vue, n'aura "aucun effet récessif". 
    "Je ne crois pas à ce risque", a-t-il plaidé aux côtés, 
notamment, de Gilles Carrez, président (Les Républicains) de la 
commission des Finances de l'Assemblée nationale. 
    "L'heure de vérité va vite sonner sur les finances 
publiques. (...) Personne n'est capable de dire que les taux 
d'intérêt ne remonteront pas dans les 18 mois qui viennent", 
a-t-il souligné. 
    Pour susciter ce "choc de compétitivité", François Fillon, 
qui préconise notamment une hausse de deux points de la TVA, 
parie sur un cadrage financier en contravention avec les 
directives européennes. 
     
    CREUSEMENT TEMPORAIRE DES DÉFICITS 
    Pour 2017 et 2018, il table sur un déficit public nettement 
aggravé : respectivement 4,7% du PIB et 4,5% du PIB. L'exécutif 
socialiste défend une prévision de 2,7% pour l'année prochaine, 
sous la barre des 3% prévue par le traité de Maastricht. 
    "C'est le choix que je défendrai auprès des institutions 
européennes si je suis élu président", explique François Fillon. 
    L'aggravation du déficit est imputée essentiellement aux 
"mesures non financées, dont certaines à visée électoraliste" de 
l'exécutif socialiste qui pourrait, selon Gilles Carrez, "peser 
dès 2017 de 15 à 20 milliards d'euros supplémentaires par an, 
soit près d'un point de PIB". 
    "L'augmentation est également liée à la nécessité de faire 
redémarrer l'économie française", a ajouté François Fillon, qui 
prône notamment 50 milliards d'euros d'allègements fiscaux et 
sociaux dès le dernier trimestre 2017. 
    Dans une note adressée aux parlementaires LR et UDI, dont 
Reuters a obtenu une copie, Gilles Carrez livre des éléments de 
justification sur le cadrage budgétaire des programmes des 
candidats à la primaire "dans la mesure où la plupart d'entre 
eux assument un creusement temporaire de nos déficits publics". 
    Cela "supposera la négociation d'un nouveau délai auprès de 
la Commission européenne en vue de revenir dans les critères de 
Maastricht", écrit-il notamment. 
    "L'idée d'un creusement temporaire de nos déficits en début 
de quinquennat fait sens économiquement parlant", plaide Gilles 
Carrez. 
    "Parallèlement, cette démarche implique la mise en œuvre, 
dès l'été 2017, de réformes structurelles puissantes de nature à 
réduire l'ensemble de nos dépenses publiques", ajoute-t-il. 
    Le programme de François Fillon prévoit un retour à 
l'équilibre budgétaire au terme du mandat, en 2022, après un 
déficit de 3,5% du PIB en 2019, -2,3% en 2020 et -1,2% en 2021. 
 
 (Sophie Louet avec Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse) 
 
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