France-Fillon ne récupérera pas l'enregistrement Jouyet

le
3

* L'affaire Jouyet-Fillon se réglera devant le tribunal * Une première audience en diffamation aura lieu en janvier * Les journalistes du Monde produiront des extraits (Actualisé avec réactions) PARIS, 20 novembre (Reuters) - L'ancien Premier ministre François Fillon ne récupérera pas l'enregistrement de la conversation qu'ont eue deux journalistes du Monde avec Jean-Pierre Jouyet au sujet de son déjeuner au contenu controversé avec le secrétaire général de l'Elysée. Le tribunal des référés a en effet rejeté jeudi sa requête au regard du droit de la presse et du secret des sources. La défense de l'ancien Premier ministre, que Le Monde accuse d'avoir comploté contre Nicolas Sarkozy, espérait que la divulgation de cet enregistrement ferait apparaître la présence lors de cette conversation d'un autre haut personnage de l'Etat, accréditant ainsi l'idée d'une manipulation. Pour la défense des journalistes, cette démarche se heurtant aux dispositions de la loi sur la presse ne relevait que d'une stratégie médiatique. La justice ne procédant à aucune instruction en matière de diffamation, l'affaire se règlera directement entre les protagonistes devant le tribunal correctionnel, où François Fillon a assigné Jean-Pierre Jouyet et les journalistes du Monde. Une partie de l'enregistrement sera cependant produite lors du procès en diffamation à venir, a assuré l'un des avocats des journalistes. "Nous allons produire l'enregistrement afin qu'il soit diffusé à l'audience, les extraits qui intéressent monsieur Fillon", a dit Me François Saint-Pierre. Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, le défenseur de François Fillon, a douté de cet engagement, soulignant que la partie adverse n'avait que 10 jours pour produire ses preuves devant la justice. "S'ils ont tout cadenassé, c'est parce qu'il y a quelque chose à dissimuler", a-t-il insisté. PREMIÈRE AUDIENCE EN JANVIER Les journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, ont démenti à plusieurs reprises que le président François Hollande soit intervenu lors de leur conversation avec Jean-Pierre Jouyet, ou même "passé la tête" par la porte. Dans leur livre "Sarko s'est tuer", Gérard Davet et Fabrice Lhomme affirment que lors de ce déjeuner, le 24 juin dans un restaurant proche de l'Elysée, François Fillon a demandé au secrétaire général de la présidence de "taper vite" sur Nicolas Sarkozy en faisant accélérer les procédures judiciaires le visant pour ne pas le "laisser revenir" en politique. Après un démenti initial de Jean-Pierre Jouyet, les journalistes ont dit détenir des enregistrements d'un entretien avec ce dernier, le 20 septembre, confirmant leurs écrits. Le secrétaire général de l'Elysée est alors revenu en partie sur ses dires, affirmant que François Fillon lui avait parlé du dossier Bygmalion et du paiement des pénalités liées à l'invalidation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. François Fillon nie de son côté avoir exercé la moindre pression, "même par allusion", sur Jean-Pierre Jouyet. Il a lancé lundi des poursuites en diffamation contre le secrétaire général de l'Elysée et les deux journalistes. Une première audience doit avoir lieu le 13 janvier prochain. Il s'agira d'une "audience de fixation" dans l'attente d'une date ultérieure pour le procès, qui n'aura lieu que dans plusieurs mois compte tenu de l'encombrement de la 17e chambre correctionnelle, a indiqué Me Versini-Campinchi. (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • AMOUR123 le jeudi 20 nov 2014 à 16:55

    Partout, nos régimes dits « démocratiques » ne doivent leur survie qu’à la disparition progressive des libertés et à leur réduction, à la criminalisation de plus en plus forte des « oppositions », fussent-elles relativement modérées ou pacifiques. L’élite au pouvoir se protège et utilise tous les moyens à sa disposition, pourtant le combat est perdu d’avance et il ne s’agit-là que d’un combat d’arrière-garde. Charles Sannat

  • j.delan le jeudi 20 nov 2014 à 15:06

    Cette réponse est le signe d'une dictature gauchisante de la magistrature et un aveu implicite de l'implication du cabinet noir de la présidence dans cette affaire pitoyable pour les auteurs, sinon mr J aurait été abandonné par son patron.

  • derouet2 le jeudi 20 nov 2014 à 14:52

    réclamer les enregistrements = un effet d'annonceil savait pertinemment qu'il ne les obtiendrait pas