France-Fillon ne pliera pas devant la "rumeur infamante"

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* L'ex-Premier ministre n'a pas "peur" de l'affaire Jouyet * Il dénonce des "mensonges pitoyables" * Il entend frapper fort sur l'immigration (Actualisé avec propositions immigration) par Matthias Galante MENTON, Alpes-Maritimes, 14 novembre (Reuters) - François Fillon, accusé d'avoir demandé l'intervention de l'Elysée pour accélérer les procédures judiciaires contre Nicolas Sarkozy, a affirmé vendredi soir qu'il ne plierait pas face à une "rumeur infamante". Dans le livre "Sarko s'est tuer", les journalistes du Monde Fabrice Lhomme et Gérard Davet affirment que l'ancien Premier ministre, désormais rival de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2017, a demandé à Jean-Pierre Jouyet, lors d'un déjeuner le 24 juin, de "taper vite" sur l'ancien président pour ne pas "le laisser revenir". Après un démenti, le secrétaire général de l'Elysée est revenu sur ses dires, affirmant que François Fillon lui avait effectivement parlé du dossier Bygmalion et du paiement des pénalités liées à l'invalidation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. "Depuis quelques jours, je suis obligé de riposter à des mensonges pitoyables", a déclaré le député de Paris en préambule d'un discours sur l'immigration à Menton (Alpes-Maritimes) devant quelque 500 personnes, dont le député UMP Eric Ciotti. "Ceux qui pensent m'affaiblir ainsi me connaissent mal. Ça fait trente ans que je me bats dans la vie politique pour une certaine idée de la France et pour une conception digne de la politique. Ça n'est pas maintenant que je vais plier". "Je veux dire que je n'ai peur de rien et que je tordrai le cou à cette rumeur infamante", a souligné François Fillon. "J'ai saisi la justice et ce soir, je n'en dirai pas plus parce que je pense que cela a déjà suffisamment abaissé le débat public dans notre pays" a-t-il conclu avant de décliner ses propositions sur la maîtrise des flux migratoires. "INTÉGRER MIEUX" Déterminé à imprimer sa marque dans la compétition qui s'esquisse à droite pour l'élection présidentielle de 2017, François Fillon a durci son discours sur l'immigration. "La France doit accueillir moins d'étrangers pour les intégrer mieux", a-t-il souligné alors qu'il avait rencontré un peu plus tôt dans la journée des membres de la police aux frontières et le maire de Vintimille, en Italie. La ville de Menton, située sur la frontière franco-italienne, est un point de passage pour les clandestins : 22.000 interpellations y sont intervenues depuis janvier dernier. L'ancien Premier ministre avance l'idée d'un traité de "Schengen +", proposition déjà formulée dans Le Figaro Magazine, avec un contrôle systématique des frontières extérieures. ( ID:nL6N0T267E ) Le député a réitéré son souhait de voir instaurés des quotas d'immigration annuels par un vote au Parlement et d'un durcissement des conditions de l'immigration familiale. "Je propose qu'aucune prestation d'aide sociale, d'allocation familiale ou d'aide au logement ne soit versée à ceux qui résident régulièrement en France depuis moins de deux ans", a-t-il dit sous les applaudissements. Francois Fillon a déclaré que si la Cour européenne des droits de l'Homme sanctionnait la France dans l'hypothèse de telles dispositions, cette dernière s'en affranchirait pour y adhérer à nouveau "avec des réserves". Concernant le droit d'asile, il prône un raccourcissement du délai d'instruction des dossiers à six mois maximum "et non deux ans comme aujourd'hui" et une refonte de l'hébergement des requérants dans des centres dédiés et non des hôtels. (Matthias Galante, édité par Sophie Louet)

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