France-Fillon juge son heure venue

le
5
    * Une progression notable dans les sondages 
    * "Le match n'est pas couru d'avance", disent ses soutiens 
    * Evincer Sarkozy au premier tour, un pari difficile 
 
    par Sophie Louet 
    PARIS, 14 novembre (Reuters) - François Fillon, porté par 
des sondages prometteurs dans la dernière ligne droite de la 
primaire, espère bousculer le scénario annoncé d'un duel entre 
Alain Juppé et Nicolas Sarkozy pour l'investiture présidentielle 
à droite, mais ses proches craignent qu'un "vote de dépit" ne 
lui fasse barrage.  
    Après une première enquête Odoxa-Dentsu Consulting le 
créditant vendredi dernier de 20% d'intentions de vote (+9 
points), deux nouveaux sondages confirment la progression de 
l'ancien Premier ministre, principalement au détriment d'Alain 
Juppé. Pour Kantar Sofres One point, il recueille 18% (+7), pour 
Harris Interactive, ce lundi, 17% (+3).   
    Même s'il a toujours considéré que les sondages ne valaient 
pas "tripette", François Fillon voit dans ce sursaut, à six 
jours du premier tour de la primaire, le fruit légitime d'une 
campagne de droite et de "droiture" qui n'aura pas dévié de sa 
ligne depuis le lancement de son tour de France en 2013. 
    "Ce n'est pas parce que les sondages sont en train de bouger 
qu'on croit beaucoup plus aux sondages", mais "aujourd'hui, on 
n'est plus dans un duel, on est dans un trio", a souligné lundi 
son porte-parole, Jérôme Chartier, sur Europe 1. 
    Le député de Paris, qui n'a cure d'incarner un "faiseur de 
rois" et assure ne rien jouer pour l'après, se voit au second 
tour. Bruno Le Maire désormais relégué à la quatrième place, 
l'objectif est de faire pièce à Nicolas Sarkozy, mais l'assise 
électorale de ce dernier est loin d'être aussi friable que celle 
du maire de Bordeaux. 
    Les soutiens de l'ancien président assurent ne pas 
s'inquiéter de la remontée de François Fillon et font valoir que 
la percée du "troisième homme" "mord sur l'électorat de Juppé".  
  
    Escomptant "entre 2,5 et 3,5 millions de votants", François 
Fillon prône un "vote utile" à son profit contre le "vote de 
dépit" qui scellerait l'issue de la consultation, "un match 
couru d'avance, Juppé contre Sarkozy : Juppé parce qu'on ne veut 
pas de Sarkozy ou Sarkozy parce qu'on ne veut pas de Bayrou", 
explique Jérôme Chartier. 
     
    JUPPÉ BOUSCULÉ 
    "C'est ce plafond de verre sur lequel bute notre candidat. 
Notre objectif est de le faire exploser dans la dernière 
semaine", déclare un proche du député de Paris dans Le Monde. 
    Preuve que la "surprise" Fillon vantée par ses soutiens 
depuis quelques semaines frappe désormais les esprits, Alain 
Juppé, d'ordinaire peu disert sur son concurrent, a dénoncé 
lundi le programme "illusoire" de l'ancien Premier ministre, qui 
prône notamment la suppression de 600.000 postes de 
fonctionnaires sur cinq ans. 
    "C'est tout juste pas possible", a dit le maire de Bordeaux 
sur RTL. "Il ne suffit pas de bomber le torse pour être réaliste 
et tenir ses engagements". 
    François Fillon, qui s'inquiète en privé que "le changement 
sans risque" ne conduise à "une révolte", estime que le 
programme "modéré" d'Alain Juppé, s'il accède à la présidence de 
la République comme le pronostiquent actuellement les sondages, 
provoquera "une grande déception" dans le pays. 
    "Vous ne voulez pas d'un retour en arrière et vous ne voulez 
pas d'une petite alternative. (...) Votez pour vos convictions 
au premier tour, sans faire de calcul pour le second!", a-t-il 
lancé samedi dernier lors d'une réunion publique à Biarritz. 
    A l'instar de celui d'Alain Juppé, l'état-major de François 
Fillon espère une ample participation pour ravir à Nicolas 
Sarkozy une part des sympathisants des Républicains -- et 
notamment les électeurs de "Sens commun", émanation de La Manif 
pour tous -- et attirer le vote centriste. 
    "Il est de plus en plus plébiscité par le cœur de 
l'électorat de droite et, en même temps, sa personnalité ne 
clive pas", note le sénateur LR Bruno Retailleau, l'un de ses 
soutiens, dans Le Figaro. 
    François Fillon, qui compte rééditer pour le troisième débat 
de jeudi la prestation qui lui a valu les suffrages des 
téléspectateurs lors des deux précédents, sonnera le rappel 
vendredi lors d'un grand meeting parisien. 
    "Il n'y aucune raison aujourd'hui que François Fillon soit 
interdit de victoire", veut croire Jérôme Chartier. 
 
 (Avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • janaliz il y a 10 mois

    Juppé n'est plus serein du tout ! Il change de cible dans ses propos. C'est bon signe pour le vrai François !

  • M898407 il y a 10 mois

    On n'en peut plus d'entendre les slogans stériles de Sarkozy qui s'appuie sur ses suppos inconditionnels: Balkany, Ciotti, Estrosi et autres bandits... Il faut l'éliminer dés le premier tour car la France a besoin d'un président courageux et actif, pas d'un orateur agité sans capacité d'action ! Il faut être derrière Fillon !!!

  • M7361806 il y a 10 mois

    Les sondages ne manipulent l'opinion qu ' USA

  • newwin il y a 10 mois

    fillon président

  • phili646 il y a 10 mois

    Fillon remonte, mais à supposer que sondages soit fiables comment va t'il faire en moins d'une semaine pour passer devant le petit nerveux et encore plus de Juppé ? vu l'écart entre lui et les deux poids lourds !!!