France-Fillon dénonce un complot, Jouyet sommé de s'expliquer

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* Fillon dément "formellement" toute démarche auprès de l'Elysée * Guaino défend l'ancien Premier ministre, parle d'affaire Jouyet * Bercy a validé le paiement par l'UMP des pénalités de Sarkozy PARIS, 9 novembre (Reuters) - François Fillon s'estime victime d'un complot après les révélations de deux journalistes du Monde selon lesquelles il aurait plaidé auprès de l'Elysée pour une accélération des procédures judiciaires contre Nicolas Sarkozy, son grand rival à l'UMP. Un proche de l'ancien chef de l'Etat, Henri Guaino, a dit dimanche ne pas croire à une telle démarche de l'ex-Premier ministre et a mis en cause le secrétaire général de l'Elysée Jean-Pierre Jouyet, identifié par les journalistes comme leur source même s'il a, lui aussi, démenti les propos qui lui sont attribués. Dans une interview au Journal du dimanche, François Fillon dément "formellement" avoir demandé à Jean-Pierre Jouyet, au cours d'un déjeuner fin juin, de "taper vite" sur Nicolas Sarkozy pour ne pas "le laisser revenir". "On me prête des propos que je démens formellement avoir tenus et que les deux participants à ce déjeuner (...) démentent formellement. C'est la raison pour laquelle j'ai porté plainte en diffamation", dit-il. De même, il a déclaré "ne pas croire que le secrétaire général de l'Elysée ait pu tenir aux journalistes du Monde les propos qui lui sont prêtés", lors de ce déjeuner qualifié d'"amical" avec un l'ancien secrétaire d'Etat aux Affaires européennes de son premier gouvernement. "Si c'était le cas, ce serait une affaire d'Etat d'une extrême gravité", a encore estimé François Fillon. "Je ne peux pas ne pas voir dans ces attaques invraisemblables une forme de déstabilisation et de complot", a-t-il ajouté en rappelant son intention de se présenter à l'élection présidentielle de 2017. Selon BFM-TV, François Fillon a téléphoné samedi à Nicolas Sarkozy pour défendre sa bonne foi, alors que Le Monde a maintenu samedi ses informations en publiant des extraits d'une conversation enregistrée avec Jean-Pierre Jouyet en septembre. QUE JOUYET S'EXPLIQUE Invité du Grand Rendez-Vous i>Télé-Europe 1-Le Monde, Henri Guaino s'en est pris à Jean-Pierre Jouyet, un très proche de François Hollande, exprimant son "intime conviction" que François Fillon n'avait fait aucune démarche anti-Sarkozy auprès de l'Elysée. "Nous avons en tout et pour tout que la rumeur ou l'accusation lancée par M. Jouyet", a-t-il dit. "Le secrétaire général de l'Elysée accuse M. Fillon, voilà la véritable information (...) S'il a tenu ces propos, c'est une affaire d'Etat". "Je demande d'abord que la bande soit mise sur la table. Je demande qu'il s'explique", a-t-il indiqué, ajoutant que, "si ses explications ne sont pas convaincantes" Jean-Pierre Jouyet ne peut pas rester à la tête de l'administration de l'Elysée. Un des sujets abordés lors du déjeuner de juin est le règlement par l'UMP des pénalités de plus de 500.000 euros infligées à Nicolas Sarkozy à la suite de l'invalidation de ses comptes de campagne pour la présidentielle de 2012, qui fait l'objet d'une enquête judiciaire pour abus de confiance, complicité et recel. Le JDD fait état dimanche d'une note de fin 2013 des services juridiques de Bercy estimant que rien ne s'opposait au paiement de telles pénalités par un tiers. Un avocat mandaté par François Fillon après la démission de Jean-François Copé de la présidence de l'UMP, en juin dernier, a conclu, lui, à "un abus de confiance" dans cette affaire. C'est à la suite d'une démarche des commissaires aux comptes de l'UMP que La justice s'est saisie de l'affaire via tout d'abord une enquête préliminaire, puis la saisie début octobre des juges d'instruction Renaud Van Ruymbeke et Serge Tournaire. (Yann Le Guernigou, édité par Guy Kerivel)

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