France-Fillon décline devant les patrons son choc de libération

le
0
    JOUY-EN-JOSAS, Yvelines, 30 août (Reuters) - François Fillon 
a précisé mardi, devant les chefs d'entreprise réunis à 
l'université d'été du Medef, son programme économique en vue de 
l'élection présidentielle de 2017 et promis une action rapide et 
forte s'il accède à l'Elysée.  
    A la tribune du rassemblement de rentrée de la première 
organisation patronale française, sur le campus de HEC à 
Jouy-en-Josas (Yvelines), l'ex-Premier ministre a insisté sur la 
nécessité d'avoir un exécutif en ordre de marche dès le début du 
prochain quinquennat.      
    "Si on veut inverser le cours des choses dans un pays comme 
le nôtre, il faut le faire avec une certaine force, il faut le 
faire vite et il faut le faire sans crainte de quelques 
affrontements", a déclaré le candidat à la primaire de la 
droite. 
    "Parce que le temps politique est tel et le fonctionnement 
de notre système démocratique est tel que tout ce qui n'est pas 
fait immédiatement et à fond ne peut plus l'être pendant un 
quinquennat", a poursuivi François Fillon. 
    Le député de Paris, qui a précédé ses concurrents de la 
primaire de la droite Alain Juppé, Bruno Le Maire et Nicolas 
Sarkozy à la tribune du Medef, compte s'appuyer sur un système 
politique rénové, avec un gouvernement limité à quinze ministres 
"et pas un de plus" et largement ouvert à la société civile.  
    Pour François Fillon, les ministres qui porteront les 
principales réformes devront être connus avant l'élection 
présidentielle afin que leurs équipes soient déjà constituées et 
qu'ils soient "prêts avec des textes pour arriver au Parlement 
et déclencher le travail parlementaire dès le 1er juillet". 
     
    "CRISE DE L'ÉTAT" 
    Dans son cas, "ça veut dire une réforme du droit du travail 
immédiate, ça veut dire la libération du temps de travail, ça 
veut dire un code du travail de 150 pages qu'on est en train 
d'écrire".      
    L'ancien Premier ministre a dit souhaiter mettre fin à 
l'"intervention permanente de l'Etat dans les affaires et dans 
la vie des entreprises" et anéantir le "monstre bureaucratique 
qui, par son poids, écrase l'innovation et les capacités de 
compétitivité de l'économie française".  
    "Il n'y a pas de crise de l'économie française, il n'y a pas 
de crise des entreprises françaises, il y a une crise de l'Etat, 
il y a une crise de la dépense publique", a-t-il insisté. 
   François Fillon a rappelé les principales mesures de son 
programme économique - suppression de la durée légale du travail 
avec une liberté totale aux entreprises pour négocier le temps 
de travail, création d'un statut de travailleur indépendant sans 
possibilité de requalification, baisse de 50 milliards d'euros 
des prélèvements sur les entreprises ou suppression de l'impôt 
de solidarité sur la fortune (ISF).     
    "La liberté est le coeur de la renaissance de l'économie 
française et de la société française en général", a-t-il estimé. 
    Alors que le président du Medef, Pierre Gattaz, avait appelé 
quelques heures plus tôt les candidats à la présidentielle à se 
fixer pour objectif d'atteindre une croissance forte associée au 
plein emploi  , François Fillon pense que la France 
peut retrouver le plein emploi sous cinq ans sous réserve 
d'assouplir le marché du travail et d'améliorer la compétitivité 
comme l'ont fait la Grande-Bretagne ou l'Allemagne.  
    Et, selon lui, l'augmentation de la précarité souvent 
évoquée dans les débats sur l'évolution du marché du travail 
n'est pas un argument. "En France on a la précarité mais on n'a 
pas les emplois et je préfèrerais qu'on ait les emplois."     
 
 (Myriam Rivet, édité par Simon Carraud) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant