France-Faible affluence et calme à "Tel Aviv sur Seine"

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* Un demi-millier de policiers et gendarmes mobilisés * Contre rassemblement "Gaza sur Seine" organisé à proximité * L'entrée très contrôlée face à une centaine de manifestants (Actualisé avec manifestation, détails) PARIS, 13 août (Reuters) - "Tel Aviv sur Seine" s'est déroulé jeudi dans un calme relatif, sous la surveillance de quelque 500 policiers et gendarmes déployés pour prévenir tout débordement après la polémique qui a précédé cet événement organisé dans le cadre de Paris Plages. L'affluence est restée assez faible et une centaine de personnes ont manifesté leur soutien à la population de la bande de Gaza, un an après une importante opération militaire israélienne contre le territoire et ont été repoussées par les forces de l'ordre. L'entrée de l'espace réservé à l'événement faisait, elle, l'objet d'un contrôle très strict et de fouilles quasiment systématiques. Plusieurs personnes se sont vues refuser l'accès à "Tel Aviv sur Seine", qui devait durer jusqu'à 22h00 entre le pont d'Arcole et le pont Notre Dame, au coeur de Paris, avec au menu des foodtrucks, des DJ, des animations ludiques et des concerts. Une contre rassemblement baptisé "Gaza sur Seine" avait lieu non loin, entre le pont au Change et le pont Notre Dame, à l'appel de plusieurs organisations pro-palestiniennes qui y voient une "opération de communication" pour le gouvernement israélien. Les manifestants présents aux abords du site ont notamment scandé des slogans tels que "Gaza on n'oublie pas" ou "Gaza, Paris est avec toi". Certains portaient des t-shirts sur lesquels on pouvait lire "Boycott Israël" ou "Free Palestine". A l'ouverture du site, Patrick Klugman, adjoint à la mairie de Paris chargé des relations internationales, expliquait que "tout avait été mis en oeuvre pour qu'il n'y ait pas de débordements". "Nous ce n'est pas une manifestation, c'est une animation dans le cadre de Paris Plages. Il y a une manifestation qui s'est créée en réponse", a-t-il dit sur iTELE. "On veut nous imposer une grille de lecture qui est très unilatérale, qui n'est pas à mon avis orientée vers l'échange, vers la culture de paix", a-t-il ajouté. "Nous pensons que partager la musique, des expériences venues d'ailleurs, c'est aussi favoriser le rapprochement." LE PG A APPELÉ AU CALME Les opposants à la tenue de "Tel Aviv sur Seine" ont déploré que la manifestation ait été maintenue après la mort récente d'un jeune enfant palestinien et de son père en Cisjordanie dans un incendie attribué à des extrémistes juifs présumés. Ils rappellent en outre l'opération militaire israélienne menée il y a un an dans la bande de Gaza, qui avait fait 2.256 morts parmi les Palestiniens, dont 1.563 civils, selon un rapport de l'Onu. Israël a perdu pour sa part 67 soldats et six civils. Ces derniers jours, des élus parisiens de la gauche et d'Europe-Ecologie-Les-Verts ont appelé la maire Anne Hidalgo à annuler l'événement ou à en transformer la programmation. Anne Hidalgo a souligné dans une tribune cette semaine qu'elle ne saurait "rendre une ville ou une population comptable de la politique de son gouvernement". Elle a reçu le soutien "total" du Premier ministre Manuel Valls, qui a appelé à "faire halte au déferlement de bêtises". Le Parti de Gauche, qui a dénoncé ces derniers jours l'opération, a de son côté appelé au calme jeudi matin et renoncé à appeler à manifester. "On n'appelle pas à se mobiliser pour une simple raison, c'est qu'on a vu sur les réseaux sociaux depuis des jours, y compris venant d'une certaine extrême droite sioniste etc, des appels à provocation extrêmement violents", a dit Eric Coquerel, secrétaire national du PG, sur Europe 1. "Il y a plein de gens qui rêvent que ça se passe mal et nous n'avons pas les moyens militants justement d'éviter les provocations de ce type". A droite, la députée LR des Yvelines Valérie Pécresse, tête de liste de l'opposition pour les régionales en Ile-de-France, a dénoncé une polémique "scandaleuse". "Moi personnellement, je ne comprends pas aujourd'hui que cette manifestation fasse polémique", a-t-elle dit sur RTL. "Derrière, on sent quand même des relents antisémites (...) j'espère qu'elle se déroulera dans la sérénité et le calme". (Marine Pennetier, avec Clotaire Achi, édité par Yann Le Guernigou)

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