France-Face à la hausse des taux, l'Etat a encore un peu de marge

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* Brutale remontée des taux à long terme dans la zone euro * Les prévisions budgétaires françaises pas encore menacées * Révision des hypothèses attendue dans les prochaines semaines par Jean-Baptiste Vey PARIS, 14 juin (Reuters) - La brutale remontée des taux des emprunts à long terme des Etats de la zone euro a eu un impact sérieux sur leurs conditions de financement mais elle ne menace pas encore les prévisions budgétaires du gouvernement français. Le rendement de l'emprunt d'Etat allemand à 10 ans, la référence de la zone euro, est passé d'un plus bas historique de 0,05% mi-avril à un plus haut de 1,06% mercredi sur le marché secondaire DE10YT=TWEB et celui de son équivalent français a grimpé d'un plus bas record de 0,33% à un plus haut de l'année à 1,40% FR10YT=TWEB . La France, qui procède tous les premiers jeudis du mois à une adjudication de dette à long terme, a été parmi les premières victimes et a dû concéder le 4 juin un taux moyen de 1,28% pour emprunter 4,9 milliards d'euros d'obligations à 10 ans contre 0,98% en mai. Ce niveau est nettement plus élevé que la moyenne prévue par le gouvernement pour l'ensemble de 2015 (0,85%) et supérieur au taux le plus élevé prévu pour cette année (1,2% fin 2015). Mais, selon le ministère des Finances, les émissions à 10 ans depuis janvier se sont faites en moyenne au taux de 0,7%. Et le programme d'émissions moyen/long terme pour 2015 est déjà réalisé à 62,3%. Selon l'entourage du ministre des Finances, Michel Sapin, ces bons résultats, enregistrés notamment grâce à des mois de mars et avril très favorables, doivent compenser les éventuels surcoûts sur le reste de l'année. La baisse du coût du service de la dette malgré la hausse continue du montant de cette dernière est un des leviers utilisés ces derniers temps par le gouvernement pour compenser les dérapages budgétaires constatés par ailleurs. RÉVISION DES HYPOTHÈSES ATTENDUES Cette année, il a été utilisé par anticipation, avec la forte révision de la prévision de coût de la dette de l'ensemble des administrations publiques entre le budget 2015 voté fin 2014 et le programme de stabilité d'avril. Ce coût est désormais attendu à 44,9 milliards d'euros, soit 2,1 points de produit intérieur brut contre 2,2 points en 2014, alors qu'il était attendu à 49,2 milliards en loi de finances, une révision liée à la fois aux taux bas et au recul de l'inflation. Pour le seul Etat, le gouvernement a estimé à 1,2 milliard l'effet des taux sur le coût de la dette, ce qui a contribué aux 4 milliards d'euros d'économies supplémentaires identifiées pour satisfaire aux règles européennes et éviter les foudres de la Commission européenne. La réduction du coût de la dette cette année dépendra beaucoup des taux à court terme, qui restent bien orientés, ajoute-t-on au ministère des Finances, en soulignant que les dernières émissions de dette à trois mois se sont faites à des taux encore plus favorables que la prévision gouvernementale (-0,05% à la fin de l'année 2015). Le ministère actualisera dans les prochaines semaines les hypothèses macroéconomiques qui permettront la préparation du budget 2016 pendant l'été. Parmi ces hypothèses figureront les nouvelles prévisions d'inflation, dont le niveau est lui aussi capital pour le coût de la dette. Par-delà la très importante volatilité ces dernières semaines, Bercy et de nombreux acteurs de marché estiment que les taux des emprunts d'Etat resteront bas au second semestre sous l'effet des politiques ultra-accommodantes des banques centrales. ID:nL5N0YX30Z (Avec Raoul Sachs, édité par Yves Clarisse)

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  • M8252219 le dimanche 14 juin 2015 à 11:43

    Tant que des réformes fortes sur le budget de fonctionnement de l'état ne seront pas mises en place: réduction du nombre des élus,réduction du nombre des fonctionnaires, suppression des statuts spéciaux et tous les avantages et privilèges de ces groupes de français, pour une véritables égalité entre citoyens. Nous serons par la faute du gouvernement à la merci des augmentations du taux de nos emprunts. L'augmentation du déficit va s'accélérer.

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