France et USA dénoncent une "provocation" de Damas avant Genève

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 (Actualisé, précisions, Lavrov, §§ 8, 9, 13) 
    PARIS/MOSCOU, 13 mars (Reuters) - Les Etats-Unis et la 
France ont qualifié dimanche de "provocation" les déclarations 
du gouvernement syrien avant la reprise des négociations de paix 
lundi à Genève. 
    La Russie et l'Iran, alliées du président syrien Bachar al 
Assad, auront à démontrer que le gouvernement de Damas est prêt 
à respecter ses engagements, ont précisé le ministre français 
des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, et le secrétaire 
d'Etat américain John Kerry, à l'issue d'une réunion à Paris sur 
la Syrie. 
    Samedi, le chef de la diplomatie syrienne, Walid al Moualem, 
a exclu toute discussion à Genève sur le sort de Bachar al Assad 
et l'organisation d'un scrutin présidentiel en Syrie, alors que 
l'opposition exige le départ du président.   
    Pour Jean-Marc Ayrault, il s'agit de la part de Damas d'une 
"provocation" qui ne correspond pas "à l'esprit du 
cessez-le-feu". 
    Les ministres des Affaires étrangères britannique, allemand 
et italien étaient également présents à cette réunion dans la 
capitale française. 
    John Kerry a déclaré que le gouvernement syrien et ses 
alliés se trompaient s'ils pensaient pouvoir continuer à tester 
les limites de la trêve fragile entrée en vigueur le 27 février. 
    Il a accusé les forces gouvernementales syriennes d'être 
responsables de la plus grande partie des violations du 
cessez-le-feu et a souhaité que le président russe Vladimir 
Poutine se rende enfin compte du comportement d'Assad. 
    "Le président Assad suit une partition tout à fait 
différente et a envoyé hier son ministre des Affaires étrangères 
pour tenter de gâcher les choses et balayer de la table des 
négociations ce qui avait été accepté par le président Poutine 
et les Iraniens", a ajouté le secrétaire d'Etat américain, 
faisant référence aux accords conclus ces derniers mois au sein 
du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS). 
    "C'est un moment de vérité, un moment où nous devons tous 
être responsables", a souligné John Kerry.   
    Il a par ailleurs annoncé que la coalition arabo-occidentale 
engagée contre l'Etat islamique (EI) en Syrie avait tué ces 
trois dernières semaines 600 combattants de l'EI et repris 3.000 
kilomètres carrés de territoires que le groupe djihadiste 
contrôlait.   
    A Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï 
Lavrov, a affirmé détenir des preuves que des soldats turcs 
étaient présents sur le territoire syrien. 
    Interrogé sur la chaîne de télévision Ren-TV, il a dénoncé 
les opérations turques à la frontière syrienne et demandé une 
nouvelle fois aux Nations unies d'inviter les Kurdes aux 
discussions de Genève, malgré l'opposition d'Ankara. 
    "Les Turcs ont commencé à dire qu'ils avaient le droit 
d'établir des zones de sécurité en territoire syrien. Selon nos 
informations, ils se sont déjà installés à plusieurs centaines 
de mètres de la frontière, à l'intérieur du territoire syrien 
(...) C'est une expansion rampante." 
    Sergueï Lavrov a ajouté que Moscou voulait coordonner ses 
opérations militaires avec les Américains en Syrie afin de 
reprendre aux djihadistes la ville de Rakka, bastion de l'EI. 
 
 (John Irish avec Alexander Winning à Moscou; Sophie Louet et 
Guy Kerivel pour le service français) 
 
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