France et Allemagne parviennent à croître au 3e trimestre

le
3
UNE CROISSANCE DE 0,2% AU 3E TRIMESTRE
UNE CROISSANCE DE 0,2% AU 3E TRIMESTRE

par Jean-Baptiste Vey

PARIS/BERLIN (Reuters) - Les économies française et allemande sont parvenues à dégager une croissance de 0,2% au troisième trimestre mais l'ensemble de la zone euro ne devrait pas échapper à une nouvelle contraction de l'activité avec le recul enregistré dans les pays d'Europe du Sud.

En France, l'activité a été soutenue notamment par la consommation des ménages et le commerce extérieur, alors que de nombreux économistes attendaient une stagnation.

La France n'avait pas affiché de hausse de son produit intérieur brut (PIB) depuis un an (+0,2% au troisième trimestre 2011) et une entrée en récession sur les derniers mois de l'année était largement anticipée.

L'activité du deuxième trimestre a en revanche été revue à la baisse à -0,1% contre 0,0% estimé auparavant, précise l'Insee dans les premiers résultats des comptes nationaux du troisième trimestre publiés jeudi.

L'acquis de croissance pour 2012 s'établit à 0,2%, le gouvernement prévoyant +0,3% sur l'ensemble de l'année.

Trente économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une croissance nulle au troisième trimestre, leurs estimations allant de +0,3% à -0,5%.

L'économie allemande, la plus importante en Europe devant l'économie française, a elle aussi crû de 0,2% au troisième trimestre, a annoncé jeudi l'Office fédéral de la statistique.

Cette hausse, conforme aux attentes des économistes, marque un ralentissement de l'activité outre-Rhin après la progression de 0,3% constatée au deuxième trimestre.

En revanche, les économistes s'attendent à une contraction de 0,2% du PIB de la zone euro pour la période de juillet à septembre.

"CROISSANCE MÉDIOCRE"

"C'est le dernier bon chiffre allemand pour l'instant. L'économie allemande va probablement se contracter un peu au quatrième trimestre puisque les commandes ont baissé sur l'année écoulée et que le climat des affaires mesuré par l'indice Ifo s'est récemment effondré", commente Jörg Krämer, chef économiste de Commerzbank.

"C'est dû à l'incertitude causée par la crise de la zone euro", ajoute-t-il.

Pour la France, "le chiffre positif du troisième trimestre ne signifie pas la fin de la croissance médiocre car la demande privée (consommation et investissement des entreprises) est toujours très faible", prévient pour sa part Philippe Waechter, chef économiste de Natixis Asset Management, sur son compte Twitter.

Joost Beaumont, économiste chez ABN Amro, estime que les perspectives ne sont pas bonnes et il prévoit une contraction de l'économie française au quatrième trimestre.

"Nous prévoyons que la hausse du chômage, la hausse de 30 milliards d'euros des prélèvements sur les ménages et les entreprises et les conditions de crédit tendues pèseront sur la consommation", estime-t-il. "Parallèlement, les exportateurs feront encore face à une baisse de la demande des principaux partenaires commerciaux de la France, ce qui limitera la croissance des exportations."

Pour Marc Touati, économiste au cabinet ACDEFI, "la petite croissance de 0,2% du troisième trimestre est l'arbre qui cache la forêt d'une récession française qui ne veut pas dire son nom".

"Seulement voilà, les entreprises et les citoyens français ne sont pas dupes, ils vivent chaque jour la réalité de la faiblesse de l'activité et de la hausse du chômage", ajoute-t-il. "Pis, avec un euro toujours trop fort et la nouvelle augmentation à venir de la pression fiscale française, la récession ne peut que s'aggraver."

En France, la contribution de la demande intérieure finale (hors stocks) à la croissance du troisième trimestre est estimée à 0,2 point. Le commerce extérieur a contribué à hauteur de 0,3 point mais la variation des stocks a pénalisé l'évolution de l'activité à hauteur de -0,3 point.

En Allemagne, la consommation publique et privée a augmenté davantage qu'au deuxième trimestre, tandis que l'investissement dans la construction restait orienté à la hausse, compensant pratiquement la baisse de l'investissement industriel et la contraction des carnets de commandes, précise l'Office fédérale de la statistique.

Avec le bureau de Berlin, édité par Marc Joanny

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M1754721 le jeudi 15 nov 2012 à 12:24

    Le titre de la dépêche induit une symétrie trompeuse. L'analyse élémentaire des principaux agrégats le montre, à l'évidence. La divergence est en route en Europe depuis l'adoption des critères de... convergence.

  • mlaure13 le jeudi 15 nov 2012 à 10:59

    Trente économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une croissance nulle au troisième trimestre, leurs estimations allant de +0,3% à -0,5%???...ILS NE SONT PAS ALLES DANS LES MEMES ECOLES???...OU ILS NE LISENT PAS LES MEMES JOURNEAUX POLITIQUES ???...

  • jlantosi le jeudi 15 nov 2012 à 10:53

    En France, comme en Allemagne, nous n'avons pas de responsables politiques courageux. Ils ne pensent qu'aux sondages, à leur carrière et à leur réélection. Ce n'est vraiment pas de cela dont l' Europe a besoin. En France pas de vrai réforme, on avance au goute à goute. En Allemagne, pas de solidarité européenne. Inexorablement l'Europe avance vers son déclin, sauf si ... ?

Partenaires Taux