France-Estrosi suscite la colère de l'ambassadeur d'Ukraine

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    PARIS, 3 mars (Reuters) - L'ambassadeur d'Ukraine en France 
exprime son indignation après la rencontre entre les maires de 
Nice et de Yalta, ville de Crimée dont l'annexion en 2014 par la 
Russie n'est pas reconnue par la communauté internationale.  
    Dans une lettre datée de mercredi et publiée sur le compte 
Facebook de l'ambassade, Oleg Shamshur estime que Christian 
Estrosi (Les Républicains) a "délibérément pris des initiatives 
qui contredisent la position de la communauté internationale, de 
la France et des valeurs démocratiques". 
    "Ce qui est encore plus frappant c'est le fait que cette 
réunion ait eu lieu en présence d'un représentant du pays qui 
occupe la Crimée, l'ambassadeur de Russie en France, M. Orlov", 
poursuit-il.  
    "A cet égard, je vous demande de clarifier publiquement 
votre position. Soutenez-vous l'annexion illégale de la Crimée 
au mépris du droit international?". 
    La rencontre entre Christian Estrosi et Andreï Rostenko, 
maire de Yalta, a eu lieu le 29 février dernier. Au cours de 
cette rencontre, une lettre d'intention, visant à "développer 
des liens d'amitié et le renouvellement des relations de 
jumelage entre Nice et Yalta", a été signée.  
    "Cette première visite en Europe d'une délégation officielle 
de Yalta, mais aussi de la Crimée après le référendum sur son 
indépendance et son rattachement à la Russie, est un déplacement 
très symbolique", peut-on lire sur le site internet de Christian 
Estrosi.  
    La Crimée a été annexée en mars 2014 par la Russie après un 
référendum non reconnu par la communauté internationale, à 
l'issue duquel 97% des habitants de cette péninsule ukrainienne 
à majorité russophone ont choisi leur rattachement à la Russie. 
    Plus de 9.000 personnes ont été tuées depuis avril 2014 en 
Ukraine dans les combats qui opposent rebelles séparatistes 
soutenus par Moscou à l'armée ukrainienne. 
    En juillet dernier, une visite en Crimée de plusieurs 
parlementaires français, membres pour la plupart du parti Les 
Républicains, avait déjà fait polémique.  
    Le chef de la diplomatie française de l'époque, Laurent 
Fabius, avait pointé un "risque d'instrumentalisation" et avait 
estimé qu'une telle visite constituait "une violation du droit 
international" puisque "entrer en Crimée sans l'autorisation des 
autorités ukrainiennes c'est de fait reconnaître les prétentions 
russes".  
 
 (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • mlaure13 le jeudi 3 mar 2016 à 17:48

    Les méandres de la géopolitique, sont aussi pavés de bonnes intentions...:-)))