France-Epilogue au Sénat sur la révision constitionnelle

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    PARIS, 22 mars (Reuters) - Le Sénat doit se prononcer ce 
mardi par un vote solennel sur le projet de révision 
constitutionnelle, ouvrant la voie au dénouement de quatre mois 
de débats houleux autour de la question de la déchéance de la 
nationalité.  
    "Si le Sénat ne souhaite pas faire évoluer le texte, je 
crains que nous nous arrêtions là", a déclaré mardi sur RFI 
Didier Guillaume, président du groupe socialiste au Sénat.  
    Les sénateurs ont voté jeudi dernier les deux articles du 
texte voulu par l'exécutif après les attentats du 13 novembre à 
Paris et Saint-Denis, le premier sur l'état d'urgence et le 
deuxième consacré à la déchéance de nationalité.  
    Mais, contrairement aux députés, ils ont réservé la 
déchéance de nationalité aux seuls binationaux condamnés pour 
crimes terroristes, en excluant les délits.   
    "L'apatridie, ce n'est pas une solution", a justifié mardi 
sur RMC Bruno Retailleau, chef de file du groupe Les 
Républicains au Sénat. "Le problème, c'est que quand on crée un 
apatride, un apatride n'est pas expulsable", a-t-il précisé.  
    Les modifications apportées au Sénat compromettent l'avenir 
du projet puisque pour pouvoir être soumis au Congrès réuni à 
Versailles, le texte doit être approuvé à l'identique par 
l'Assemblée nationale -- majoritairement à gauche -- et le Sénat 
-- majoritairement à droite -- avant de pouvoir être entériné le 
cas échéant par le Congrès. 
    Pour Bruno Retailleau, qui estime que "c'est la division de 
la gauche qui a fait turbuler le texte de la révision 
constitutionnelle", les options qui se présentent désormais au 
président de la République sont soit un retrait du texte, "soit 
c'est simplement un texte réduit aux acquêts, une réforme 
hémiplégique". 
    Le président de la République avait déclaré la semaine 
dernière qu'il "attendrai(t) que le Sénat se prononce sur 
l'ensemble du texte pour savoir les conclusions qu'(il devait) 
en tirer."       
    François Hollande a été "imprudent" lorsqu'il a avancé ce 
projet de révision constitutionnelle, a estimé de son côté le 
président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde sur Sud Radio et 
Public Sénat, appelant à "sécuriser l'article 1, qui est utile 
et même nécessaire."  
    "Sauvons au moins l'article premier, qui sécurisera l'état 
d'urgence aussi bien sur un plan juridique que sur un plan 
politique pour éviter les dérives qui pourraient être demain 
dangereuses par un pouvoir autoritaire", a dit le député 
centriste de Seine-Saint-Denis.   
    Le vote au sénat est prévu à 16h00 (15h00 GMT). 
 
 (Myriam Rivet et Simon Carraud, édité par Sophie Louet) 
 
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