France-Emmanuel Macron poursuit sa marche, sans dire vers où

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    * Un discours de politique générale à la Mutualité 
    * "Plusieurs dizaines" de parlementaires attendus 
    * Pas d'annonce pour 2017, dit son entourage 
 
    PARIS, 12 juillet (Reuters) - Emmanuel Macron, 
officiellement pas candidat à la présidentielle de 2017, réunit 
ses troupes ce mardi à Paris pour un discours de politique 
générale qui marquera une nouvelle étape dans son itinéraire 
personnel - vers une destination encore inconnue. 
    Le ministre de l'Economie ne devrait pas se lancer dans la 
course présidentielle, ni annoncer son départ du gouvernement à 
l'occasion de ce premier meeting du mouvement "En Marche !", à 
la maison de la Mutualité, assure-t-on dans son entourage. 
    Mais, après une mauvaise passe due notamment aux révélations 
sur son patrimoine soumis à l'impôt de solidarité sur la fortune 
(ISF), l'ex-protégé de François Hollande sème de nouveau des 
indices sur ses velléités pour 2017. 
    "Je ne concours pas pour le maillot à pois ou le maillot 
blanc, ni pour le maillot vert. Quand on fait du vélo, c'est le 
maillot jaune", a déclaré le ministre au Journal du Dimanche, en 
marge d'une étape du Tour de France. 
    Il a également affirmé vouloir aller "jusqu'au sommet". 
    Toutefois, il n'est pas encore l'heure d'entamer la dernière 
phase de l'ascension, d'après une porte-parole d'"En Marche !". 
    "On n'est pas là pour faire des annonces sur son agenda 
personnel, on est là pour faire un point d'étape sur les valeurs 
et la méthode", a-t-elle déclaré à Reuters à la veille du 
rassemblement à la Mutualité. 
    "C'est vrai qu'il y a beaucoup de rumeurs, beaucoup de 
questions. Beaucoup de gens aussi qui souhaiteraient qu'il soit 
dès aujourd'hui leur candidat, mais il va rappeler et 
réexpliquer la méthode et pourquoi il faut absolument poser le 
diagnostic et faire des propositions avant les questions de 
personnes", a-t-elle souligné. 
    D'après elle, "plusieurs dizaines de députés et sénateurs" 
sont attendus à la Mutualité, salle emblématique de la gauche, 
pour le rendez-vous de mardi soir, organisé seulement deux jours 
avant l'interview du 14-Juillet de François Hollande. 
     
    "PRÉTENTIEUX" 
    La démarche d'Emmanuel Macron suscite de plus en plus de 
curiosité et d'interrogations à gauche, mais aussi de 
l'agacement au sein de l'exécutif auquel il se dit pourtant 
loyal - jusqu'à présent. 
    "L'idée du dépassement de la gauche et de la droite est 
obsolète", juge par exemple le porte-parole du gouvernement, 
Stépahne le Foll, faisant là référence au credo du ministre, qui 
souhaite faire cohabiter personnalités des deux bords opposés. 
    "Ces débats existent depuis des dizaines d'années. Il est 
prétentieux de les considérer dépassés", ajoute-t-il dans une 
interview publiée mardi sur le site de Paris Match. 
    "Macron c'est l'expression de la gauche de renoncement. J'ai 
beaucoup de mal à trouver des valeurs de gauche dans ce qu'il 
dit. C'est un radis rose pâle, en le grattant on tombe vite sur 
du blanc", a raillé mardi le député André Chassaigne, président 
du groupe Front de gauche à l'Assemblée. 
    Pour la ministre de l'Education nationale, Najat 
Vallaud-Belkacem, le monde médiatique et politique accorde trop 
d'importance aux faits et gestes de son collègue. 
    "Si on consacrait ne serait-ce qu'un tiers du temps, de 
l'énergie et de l'encre qu'on fait couler pour commenter les 
aventures d'Emmanuel Macron (...) à expliquer ce que fait ce 
gouvernement pour les Français, je pense qu'on résoudrait au 
moins la moitié de la crise démocratique qui est la nôtre", 
a-t-elle dit mardi matin sur RTL. 
    Pour l'heure, l'ex-secrétaire général adjoint de l'Elysée 
pose des jalons avec "En Marche !", qui revendique plus de 
50.000 adhérents trois mois après son lancement, et soigne son 
image d'homme nouveau, prêt à troubler le jeu droite-gauche.     
    Dans le tableau de bord Ifop-Fiducial pour Paris Match et 
Sud Radio publié mardi, il figure en sixième position avec 52% 
de bonnes opinions, soit une hausse de neuf points en un mois. 
 
 (Simon Carraud, avec Elizabeth Pineau, Emmanuel Jarry, Michel 
Rose et Emile Picy, édité par Sophie Louet) 
 
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