France-Emmanuel Macron pose un nouveau jalon dans sa marche

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    * Un discours de politique générale à la Mutualité 
    * Des allusions à 2017, mais pas de candidature 
    * "Il est temps que tout cela s'arrête", prévient Valls 
 
 (Actualisé avec autres citations) 
    PARIS, 12 juillet (Reuters) - Emmanuel Macron a prononcé 
mardi soir à Paris un discours de politique générale, appelant à 
"une refondation du pays", sans toutefois dévoiler ses 
intentions en vue de la présidentielle de 2017, à laquelle il 
s'est contenté de faire une brève allusion. 
    A la Mutualité, où flottait un parfum de campagne 
électorale, le ministre de l'Economie a tenu le premier meeting 
de son mouvement "En Marche !", dont on ignore pour l'heure 
l'objet précis dans la perspective des échéances à venir. 
    A cette occasion, il n'a pas hésité à aborder des sujets 
très éloignés de son périmètre ministériel - la politique 
étrangère, l'écologie, la laïcité ou "l'identité française".  
    Cette démarche personnelle irrite de plus en plus au sommet 
de l'exécutif mais l'ex-secrétaire général adjoint de l'Elysée, 
introduit en politique par François Hollande, a dit sa 
détermination à poursuivre sur sa lancée afin de proposer d'ici 
la fin de l'année un "plan de transformation". 
    "Rien ne nous arrêtera", a-t-il déclaré, devant une salle 
comble, où avaient pris place quelques élus, comme le député 
Richard Ferrand et le maire de Lyon Gérard Collomb, ainsi que 
l'écrivain Alexandre Jardin, lequel a également pris la parole. 
    "Ce mouvement, parce que c'est le mouvement de l'espoir et 
que notre pays en a besoin, nous le porterons ensemble jusqu'en 
2017 et jusqu'à la victoire", a lancé Emmanuel Macron, sans plus 
de précisions sur l'identité du vainqueur auquel il songe. 
    Lors de son discours, long d'1h20, il a en outre dénoncé les 
rigidités du "système" politique, d'après lui sources de 
"frustrations", et s'est déclaré prêt à "prendre des risques" 
personnels. 
     
    "MACRON PRÉSIDENT" 
    "Imaginez ou nous serons dans trois mois, dans six mois, 
dans un an", a encore dit l'actuel ministre de l'Economie, 
provoquant alors les applaudissements de la foule aux cris de 
"Macron président". 
    Il a par ailleurs brièvement "remercié" François Hollande de 
lui avoir confié le ministère de l'Economie, en août 2014, tout 
en présentant son principal chantier du moment, la réforme du 
Code du travail, comme un combat d'arrière-garde. 
    "La loi Travail, c'est une bataille importante, c'est une 
réforme importante, à laquelle je crois, que je défends, mais ça 
n'est déjà (...) plus le combat d'aujourd'hui, parce que le 
travail a radicalement changé", a-t-il diagnostiqué. 
    Après une mauvaise passe due notamment aux révélations sur 
son patrimoine soumis à l'impôt de solidarité sur la fortune 
(ISF), Emmanuel Macron sème de nouveau, depuis plusieurs 
semaines, des indices sur ses velléités pour 2017. 
    Le week-end dernier, il a par exemple expliqué à demi-mot 
qu'il convoitait les premières places. 
    "Je ne concours pas pour le maillot à pois ou le maillot 
blanc, ni pour le maillot vert. Quand on fait du vélo, c'est le 
maillot jaune", a-t-il déclaré au Journal du Dimanche en marge 
d'une étape du Tour de France. 
    Ce positionnement et les commentaires qu'il suscite 
provoquent des réactions contrastées au sein de la majorité, de 
la curiosité de certains parlementaires à l'agacement d'une 
partie de la gauche, perceptible jusqu'à Matignon. 
    Pressé de questions sur le cas Macron, le Premier ministre 
Manuel Valls a laissé échapper mardi, au Sénat, une formule 
révélatrice de son exaspération: "Il est temps que tout cela 
s'arrête."  
    Plutôt populaire selon les enquêtes d'opinion, le ministre 
de l'Economie est loin de faire l'unanimité parmi ses collègues 
du gouvernement. 
     
    "PRÉTENTIEUX" 
    "J'ai un peu du mal à comprendre sa démarche. Il est tenté 
d'y aller en se disant qu'il veut faire de la politique sans 
passer par les codes habituels, les fourches caudines d'une 
élection, et cela me choque", déplore en privé un ministre. 
    "L'idée du dépassement de la gauche et de la droite est 
obsolète", juge de son côté le porte-parole du gouvernement, 
Stéphane le Foll, faisant là référence au credo du ministre, qui 
souhaite faire cohabiter personnalités des deux bords opposés. 
    "Ces débats existent depuis des dizaines d'années. Il est 
prétentieux de les considérer dépassés", ajoute-t-il dans une 
interview publiée mardi sur le site de Paris Match. 
    Le ministre ne convainc pas davantage l'autre versant de la 
gauche: plusieurs dizaines de manifestants se sont réunis mardi 
soir devant la maison de la Mutualité pour exprimer leur 
hostilité en jetant sur certains partisans d'Emmanuel Macron des 
oeufs et de la farine à leur entrée dans le bâtiment.       
    Pour l'heure, le ministre pose des jalons avec "En Marche 
!", qui revendique plus de 50.000 adhérents trois mois après son 
lancement, et soigne son image d'homme nouveau.      
    Dans le tableau de bord Ifop-Fiducial pour Paris Match et 
Sud Radio publié mardi, il figure en sixième position avec 52% 
de bonnes opinions, soit une hausse de neuf points en un mois. 
 
 (Simon Carraud avec Elizabeth Pineau et Emmanuel Jarry, édité 
par Jean-Philippe Lefief) 
 
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  • spirouet il y a 7 mois

    On verra plus tard où sont les vraies valeurs, intangibles, immuables, implacables......

  • spirouet il y a 7 mois

    j'adhère, juste pour répondre aux esprits bas qui ne cessent d'essayer de nous rabaisser coûte que coûte.

  • phili646 il y a 7 mois

    Pas besoin de lire dans le marc de café pour se rendre compte que le grand perdant de cette partie de poker menteur se trouve à Matignon !!!!