France-El Khomri poursuit ses consultations sur son projet de loi

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    * La ministre du Travail reçoit syndicats et patronat 
    * La CFDT réclame le report de l'examen du texte 
    * La contestation grandit contre cette réforme 
 
    PARIS, 29 février (Reuters) - Myriam El Khomri poursuit 
cette semaine ses consultations avec les organisations 
syndicales et patronales sur son projet de réforme du code du 
travail contesté par une partie de la gauche et des 
organisations étudiantes, qui appellent à manifester le 9 mars, 
date de l'examen du texte en conseil des ministres. 
    La ministre du Travail, qui s'est entretenue avec la CFDT et 
la CFE-CGC la semaine dernière, doit recevoir ce lundi l'Unsa 
avant l'UPA (Union professionnelle artisanale) et FO mardi, puis 
la CGT, la CFTC, le Medef et la CGPME jeudi. 
    La contestation grandit contre ce texte - probable dernière 
grande réforme du quinquennat de François Hollande - qui 
cristallise l'opposition d'une grande partie de la gauche qui y 
voit une atteinte aux droits des salariés.  
    Dimanche soir, la CFDT, qui avait jugé "irréaliste" la 
semaine dernière la présentation du texte le 9 mars prochain, a 
appelé explicitement à un report de l'examen de ce projet de loi 
"totalement déséquilibré" à ses yeux. 
    "Le gouvernement a pu aisément comprendre cette dernière 
semaine que ce texte suscitait le désaccord de beaucoup de monde 
et de toutes les organisations syndicales", a dit le secrétaire 
général de la confédération, Laurent Berger, sur France 5.  
    "Plutôt que de s'obstiner à présenter ce texte en conseil 
des ministres le 9 mars et de voir ensuite des mobilisations - 
parce que je le dis, si ce texte devait rester en l'état, la 
CFDT se mobiliserait contre certaines parties de ce texte - donc 
plutôt que de faire ça, il faut repartir sur une concertation", 
a-t-il ajouté.   
    Jeudi, à l'issue de sa rencontre avec Myriam El Khomri, la 
numéro 2 de la confédération avait indiqué que la ministre leur 
avait répondu qu'elle "allait voir". 
     
    DESEQUILIBRE 
    "Il faut que le gouvernement accepte de repartir à la 
discussion avec l'ensemble des organisations syndicales et 
patronales en tête à tête sans doute mais aussi de façon 
multilatérale avec tous les acteurs pour qu'on revienne à un 
équilibre", a dit dimanche Laurent Berger.  
    Il faut "que ce texte soit à la fois le renforcement de la 
négociation collective et le renforcement de la sécurisation des 
parcours des salariés".    
    Dans une interview au Journal du Dimanche, le ministre de 
l'Economie Emmanuel Macron a défendu le projet de réforme, tout 
en précisant que le texte n'était pas intangible, et a appelé à 
un "vrai débat démocratique de manière calme et dépassionnée" 
 .  
    Selon un sondage ELABE publié la semaine dernière, la 
réforme est considérée par 70% des Français comme une menace 
pour les droits des salariés et seuls 30% pensent qu'elle 
permettra la création d'emplois. 
    La pétition numérique lancée par des militants associatifs 
et intitulée "Loi Travail : non merci!" affichait lundi matin 
plus de 760.000 signatures. 
    Une dizaine d'organisations de jeunesse et de syndicats 
étudiants, dont l'Unef, la FIDL et l'UNL, ont appelé à une 
journée d'action nationale le 9 mars.  
    L'intersyndicale montée la semaine dernière ne s'est pour 
l'heure pas prononcée sur une éventuelle action commune mais a 
prévu de se réunir le 3 mars pour poursuivre le travail en 
commun sur ce texte et faire d'autres propositions. 
 
 (Marine Pennetier, édité par Jean-Philippe Lefief) 
 
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