France-El Khomri n'exclut pas le 49-3 pour son projet de loi

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    PARIS, 17 février (Reuters) - Myriam El Khomri souhaite 
convaincre les parlementaires de voter en faveur de son projet 
de réforme du droit du travail mais n'exclut pas, dans une 
interview publiée mercredi, de recourir à l'article 49-3 faute 
d'adhésion suffisamment large. 
    La ministre du Travail doit présenter lors du conseil des 
ministres du 9 mars ce texte qui prévoit un assouplissement du 
code et du marché du travail et risque donc de crisper une 
partie de la gauche et les syndicats.   
    Interrogée par Les Echos sur la possibilité de déclencher la 
procédure du 49-3, par laquelle le gouvernement peut faire 
adopter un texte sans vote, Myriam El Khomri dit vouloir 
"convaincre les parlementaires de l'ambition de ce projet". 
    "Mais nous prendrons nos responsabilités", ajoute-telle 
aussitôt dans cet entretien publié sur le site internet du 
quotidien et dans l'édition imprimée de jeudi. 
    "Le débat va être très nourri, car il y a un changement de 
philosophie important. Je le redis: nous voulons faire avancer 
le pays par le dialogue social, garantir davantage des droits 
réels et rendre les entreprises plus compétitives", poursuit la 
ministre. 
    Selon elle, il ne s'agit "en aucun cas d'un recul des droits 
des salariés". Mais les dispositions dont la presse a fait état 
mercredi ont commencé à faire réagir une partie de la gauche et 
des syndicats. 
    "L'avant-projet de loi (...) contient des attaques sans 
précédent contre le temps de travail, les salaires, les 
apprentis, les indemnités de licenciement", peut-on lire dans un 
communiqué commun des députés du Front de gauche et des 
sénateurs du groupe Communiste républicain et citoyen. 
    Ils voient dans le texte "un projet d'éradication du droit 
du travail". 
    D'après la CGT, "ce texte remet fondamentalement en cause 
les droits et protections des salariés, au profit des intérêts 
financiers du patronat et des actionnaires". 
    Le gouvernement avait recouru en juillet 2015 au 49-3, qui 
permet de passer outre les réticences au sein de la majorité, 
pour faire adopter le projet de loi sur la croissance, 
l'activité et l'égalité des chances économiques, dite loi 
Macron, dont une partie de la gauche ne voulait pas. 
 
 (Simon Carraud) 
 
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