France-El Khomri défend sa loi, la contestation continue

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    * La ministre du Travail juge le texte "équilibré" 
    * "Souplesses" pour l'entreprise, "garanties" pour les 
salariés 
    * Des milliers de lycéens manifestent contre la réforme 
 
    PARIS, 24 mars (Reuters) - La ministre du Travail a assuré 
jeudi que son projet de réforme du Code du travail, présenté en 
conseil des ministres, était un "nouvel élan de la démocratie 
sociale" offrant des "souplesses" aux entreprises et des 
"garanties" aux salariés. 
    Au même moment des milliers d'étudiants et de lycéens 
manifestaient en France pour exiger le retrait de ce texte, qui 
reste controversé malgré des modifications apportées par le 
gouvernement après un ultime cycle de concertations. 
    Ces manifestations ont notamment été marquées par des 
affrontements entre des groupes d'activistes masqués et cagoulés 
et les forces de police à Paris et à Nantes.  L5N16W2X7       
    Ce projet de loi, qui entend donner plus de place à la 
négociation collective dans les entreprises et les branches 
professionnelles pour renforcer la compétitivité et développer 
l'emploi, doit maintenant être examiné par le Parlement. 
    "C'est un vrai nouvel élan pour la démocratie sociale dans 
notre pays", a déclaré la ministre du Travail, Myriam el Khomri, 
dans la cour de l'Elysée.  
    "Ce texte marche sur deux jambes, il est équilibré : à la 
fois de nouvelles souplesses pour les entreprises, et puis de 
nouvelles protections, de nouveaux droits pour les salariés". 
    Face aux protestations des syndicats, de mouvements de 
jeunesse et d'une partie de la gauche, le Premier ministre, 
Manuel Valls, avait décidé de retarder de 15 jours sa 
présentation au conseil des ministres pour consulter les 
partenaires sociaux. 
    Il a finalement retiré de ce projet de loi, initialement 
salué par le Medef, la principale organisation patronale 
française, certaines des dispositions les plus contestées. 
     
    EL KHOMRI "VIGILANTE" 
    Ainsi, ne figurent plus dans le texte le plafonnement des 
indemnités prud'homales pour licenciement abusif, la possibilité 
pour les petits employeurs de fixer unilatéralement certaines 
règles en cas d'absence d'accord collectif et une disposition 
permettant de faire travailler plus longtemps des apprentis, sur 
simple information de l'inspection du travail. 
    Malgré ces changements, plus de sept Français sur dix 
restent opposés à cette réforme, selon un sondage Odoxa pour Le 
Parisien et France Info. Et les manifestants lycéens et 
étudiants ont reçu le soutien des syndicats CGT, FO, FSU et 
Solidaires, qui réclament également le retrait du texte.  
    Le ministère de l'Education nationale a fait état de 57 
lycées bloqués enfin de matinée sur un total d'environ 2.500 
établissements.  
    Face à cette nouvelle levée de boucliers, Myriam el Khomri 
s'est déclarée "vigilante" et a évoqué un nécessaire "travail de 
pédagogie en direction de la jeunesse". 
    "Je reste toujours vigilante par rapport aux jeunes parce 
que c'est eux qui subissent cette hyper précarité, eux qui 
collectionnent ces CDD courts", a-t-elle dit à la presse. 
    Le projet de loi modifie le volet organisation du travail 
dans le code du même nom, donne en la matière la primauté aux 
accords d'entreprise, et définit les motifs de licenciement 
économique.    et  .  
    Il réforme aussi la médecine du travail, en partie pour 
concentrer ses moyens "sur les salariés exposés à des risques 
particuliers", une façon de gérer la pénurie de médecins du 
travail dont le nombre ne cesse de diminuer. 
    Il renforce par ailleurs la lutte contre le détachement 
illégal de travailleurs par des prestataires étrangers. 
    Le texte commencera son cheminement au Parlement le 4 avril 
en commission pour un début d'examen en séance à l'Assemblée 
début mai et une adoption définitive prévue en juillet.  
    Un groupe d'élus socialistes frondeurs radicalement opposés 
au projet de loi et conduits par les députés Christian Paul et 
Laurent Baumel, propose une "contre-réforme" visant à créer une 
"véritable sécurité sociale professionnelle". 
 
 (Elizabeth Pineau et Emmmanuel Jarry, édité par Sophie Louet) 
 
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