France-Duflot annonce sa candidature à la primaire écologiste

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    * "L'espace est mince. Mais il existe", dit l'ex-ministre 
    * "Tout sera fait pour nous écarter" 
    * Michèle Rivasi et Yannick Jadot également candidats 
 
    PARIS, 20 août (Reuters) - L'ancienne ministre du Logement 
Cécile Duflot annonce, dans une lettre publiée samedi par 
Libération, qu'elle sera candidate à la primaire d'Europe 
Ecologie-Les Verts (EELV) prévue fin octobre, en vue de 
l'élection présidentielle de 2017.  
    "Au travers de la primaire de l'écologie, j'ai décidé de 
concourir à l'élection présidentielle de 2017", dit-elle dans 
cette lettre adressée aux adhérents écologistes. 
    "Rien ne nous sera donné. Rien ne nous sera épargné. 
L'espace est mince. Mais il existe", ajoute-t-elle. "Tout a été 
fait et sera fait pour nous écarter : la bataille à venir 
s'annonce rude. Y compris pour recueillir les 500 signatures 
nécessaires (...) Nous devons tenir bon."  
    A 41 ans, la députée de Paris rejoint dans la course à la  
primaire écologiste l'eurodéputée et ancienne directrice de 
Greenpeace France, Michèle Rivasi, qui a annoncé début août sa 
candidature, et l'eurodéputé Yannick Jadot qui s'est dit prêt à 
y participer.  
    Les prétendants à la primaire ont jusqu'à la fin du mois 
d'août pour obtenir le parrainage de 36 des 240 conseillers 
fédéraux d'EELV, requis pour participer au scrutin prévu fin 
octobre qui sera ouvert aux adhérents et aux sympathisants. 
    "Au moment (...) de désigner la personne qui doit nous 
représenter dans le débat présidentiel, posez-vous une seule 
question : qui sera la plus apte? Qui pourra supporter la 
mitraille? Qui tiendra bon contre vents et marées? Qui ira au 
bout sans ciller?", souligne Cécile Duflot, créditée de 1 à 3% 
des intentions de vote dans les sondages pour 2017.  
    Esquissant les grandes lignes de son programme, l'ancienne 
numéro un d'EELV prône notamment une "France 100% renouvelable 
qui sorte enfin de l'hiver nucléaire" et une réorientation de la 
politique européenne "pour que l'Europe ne se meure sous les 
coups de butoirs conjugués des nationaux populistes et des 
ultra-libéraux". 
    Elle propose également un traité environnemental européen, 
un renforcement du parlement et indique que la bataille contre 
le Front national sera sa priorité. 
     
    "RELEVER LA TÊTE" 
    En 2012, Cécile Duflot s'était effacée en faveur de 
l'ancienne juge d'instruction Eva Joly, en expliquant ne "pas 
avoir les épaules assez larges pour porter seule une telle 
charge".  
    Mais depuis un an, le ton a changé et la députée n'a pas 
dissimulé ces derniers mois son envie de se lancer dans la 
course à la présidentielle.  
    La décision début juillet de Nicolas Hulot de ne pas être 
candidat a ouvert la voie à Cécile Duflot, qui avait toujours 
affirmé qu'elle soutiendrait l'ancien présentateur d'Ushuaïa si 
ce dernier se présentait.       
    L'ex-ministre, qui n'est pas parvenue à s'imposer comme la 
candidate naturelle du parti, était jusqu'à présent opposée à 
une primaire, critiquant une exercice fratricide et refusant 
d'être le "punching-ball d'une nouvelle mécanique infernale", 
dans une allusion au duel de 2012.      
    Cécile Duflot a quitté le ministère du Logement en mars 2014 
lorsque Manuel Valls s'est installé à Matignon et n'a depuis pas 
mâché ses mots contre le Premier ministre et François Hollande, 
à qui elle a reproche de s'être éloigné du socle de sa victoire 
en 2012.  
    Divisé entre les "réformistes" pro-gouvernement et les 
"contestataires" favorables à une rupture claire avec le Parti 
socialiste, EELV a traversé en 2015 une année noire, marquée par 
le départ de plusieurs de ses responsables, et secoué par 
l'affaire Denis Baupin.  
    "Je prends ma part de notre histoire commune, de nos succès 
comme de nos échecs", dit Cécile Duflot. "Les derniers mois en 
particulier ont été douloureux pour l'écologie politique. Les 
divisions organisées, les débauchages orchestrés, les déceptions 
mal maîtrisées nous ont considérablement affaiblis. Mais nous 
devons impérativement relever la tête."   
    Lors de la dernière présidentielle de 2012, la candidate 
écologiste Eva Joly avait recueilli 2,31% des voix.   
 
 (Marine Pennetier, édité par Tangi Salaün) 
 
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