France-Du mieux pour l'export en 2017 après un creux cette année

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    PARIS, 31 mai (Reuters) - La croissance des exportations 
françaises devrait connaître un creux cette année, à 10 
milliards d'euros, avant de remonter à 34 milliards d'euros en 
2017, prévoit l'assureur-crédit Euler Hermes selon des données 
présentées mardi.      
    Ce montant de 10 milliards d'euros attendu pour la demande 
supplémentaire à l'export cette année s'inscrit en net recul par 
rapport à celui de 27 milliards atteint en 2015 et résulte 
principalement d'un effet prix négatif, sous l'effet de la 
baisse des cours des matières premières et de la dépréciation 
des devises émergentes, a dit Ludovic Subran, chef économiste 
d'Euler Hermes.  
    Selon lui, les effets prix devraient au contraire jouer 
favorablement l'an prochain et la demande supplémentaire 
adressée à la France devrait donc repartir en 2017, dans un 
contexte marqué par une croissance toujours relativement faible 
du commerce mondial en volume (+3,4%).  
    Après une année 2016 marquée par un net recentrage des 
exportations françaises vers la zone euro, 2017 devrait voir les 
horizons s'élargir, avec un retour de la Chine dans les dix 
zones connaissant les plus fortes hausses à l'export (+1,2 
milliard d'euros).  
    La France devrait par ailleurs profiter de l'amélioration de 
sa compétitivité résultant des baisses de charges liées au pacte 
de responsabilité et au CICE (crédit d'impôt compétitivité 
emploi), qui se traduira par une réduction du coût du travail 
atteignant 5% fin 2017 et lui permettra de capter plus 
facilement la demande européenne, a noté Ludovic Subran.  
    Sur le plan sectoriel, les machines et équipements ainsi que 
la chimie devraient être les principaux bénéficiaires de ce 
surplus de demande.      
    Pour les économistes d'Euler Hermes, les exportations 
devraient ainsi voir leur contribution à la croissance de 
l'économie française progresser, à 5,4% en 2017 contre 3,5% en 
2016. Ils anticipent que la croissance du produit intérieur brut 
(PIB) devrait atteindre 1,5% cette année et 1,6% en 2017, 
notamment soutenue par la consommation et l'investissement. 
    Parallèlement à ces prévisions, ils ont présenté les 
conclusions de leur "baromètre export", une enquête menée par 
l'assureur-crédit auprès d'un panel de 938 entreprises 
exportatrices interrogées entre janvier et mars (deux tiers de 
PME, un tiers d'entreprises de taille intermédiaires ou ETI, des 
microentreprises et quelques grands groupes).  
    D'après cette enquête, 79% des entreprises envisagent 
d'augmenter leur chiffre d'affaires à l'export en 2016 (contre 
83% en 2014) mais seul un exportateur français sur deux a 
l'intention de se lancer sur de nouveaux marchés en 2017.  
    L'implantation locale - qu'elle prenne la forme de création 
d'une filiale, d'un partenariat local ou d'une acquisition - 
reste minoritaire (36% des entreprises) par rapport aux 
exportations comme vecteur de développement à l'international. 
    C'est pourtant sur ce levier que doivent jouer les 
entreprises françaises, d'autant plus dans un contexte de taux 
bas, a estimé Ludovic Subran. 
    "On avait un alignement de planètes favorable sur l'export 
l'an dernier et sur les IDE (investissements directs étrangers) 
sortants cette année", a-t-il résumé en invitant les entreprises 
françaises à en profiter.     
 
 (Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse) 
 
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