France-Droite, FN pressent le gouvernement de revoir sa stratégie

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    * Il faut faire évoluer la riposte contre l'EI, dit Sarkozy 
    * Il demande l'application des propositions des Républicains 
    * Fenech met en garde contre la désunion nationale 
    * Marine Le Pen demande "l'application des lois et des 
peines" 
 
    PARIS, 26 juillet (Reuters) - La droite et l'extrême droite 
ont réclamé mardi plus d'actes et de fermeté au gouvernement à 
la suite de l'assassinat d'un prêtre revendiqué par l'Etat 
islamique, nouveau palier dans l'escalade terroriste en France 
qui menace selon elles de déclencher "une guerre de religions". 
  
    Comme après l'attentat meurtrier de Nice le 14 juillet, 
Nicolas Sarkozy, qui devrait prochainement se porter candidat à 
l'investiture présidentielle à droite, a mis en cause l'inertie 
présumée de l'Etat face à l'"ennemi". 
    Plusieurs élus de droite ont toutefois mis en garde contre 
toute déclaration polémique et souligné la nécessité de la 
cohésion nationale alors que perdure la controverse entre 
Christian Estrosi, président (Les Républicains) de 
Provence-Alpes-Côte d'Azur, et le ministre de l'Intérieur 
Bernard Cazeneuve sur le dispositif de sécurité à Nice. 
  
    "Cette situation doit nous conduire à la plus grande 
lucidité et à enfin comprendre que nous devons changer, 
profondément, la dimension, la mesure, la stratégie de notre 
riposte", a souligné le président des Républicains lors d'une 
déclaration au siège du parti, à Paris. 
    "Notre ennemi n'a pas de tabou, n'a pas de limites, n'a pas 
de morale, n'a pas de frontières. Nous devons être 
impitoyables", a-t-il poursuivi. 
    Nicolas Sarkozy a dénoncé sans plus de précisions "les 
arguties juridiques, les précautions, les prétextes à une action 
incomplète" et demandé que le gouvernement applique "sans délai" 
les propositions avancées "depuis des mois" par son parti. 
      
    "PENTE DANGEREUSE" 
    Le Républicains proposent, dans le cadre de l'état d'urgence 
qui a été prorogé de six mois, que les préfets soient autorisés 
à fermer tout lieu de culte radicalisé "en urgence absolue", à 
diligenter des contrôles d'identité, des fouilles de bagages et 
de véhicules sur leur territoire de compétence. 
    Ils demandent que tout étranger dont les connexions, 
directes ou indirectes, avec un groupe terroriste sont 
démontrées soit expulsé de France ou que tout ressortissant 
français dans la même situation soit placé dans un centre fermé 
ou avec un bracelet électronique pour une durée de trois mois. 
    Ils renouvellent leur demande de création de centres de 
déradicalisation "à la hauteur des besoins". Ils exigent que les 
détenus condamnés pour terrorisme ne puissent bénéficier 
d'aménagements ou de réductions de peines automatiques. 
    Le député LR Georges Fenech, président de la commission 
d'enquête parlementaire sur la lutte contre le terrorisme, s'est 
dit à la disposition de Manuel Valls pour participer à un 
"effort national" contre le terrorisme. 
    "Nous ne pouvons pas nous laisser emporter dans ce que Daech 
recherche, c'est-à-dire la division, la fracture de notre 
société", a-t-il dit sur RTL. "Ce que je crains aujourd'hui, 
c'est le patron de la DGSI (Direction générale de la sécurité 
intérieure-NDLR) qui nous l'avait dit, c'est qu'il y ait des 
violences intracommunautaires, des violences interreligieuses". 
    "Il faut véritablement maintenant se doter des moyens pour 
empêcher cette pente dangereuse qui nous guette". 
     
    MARINE LE PEN DÉNONCE "DES DÉCENNIES DE LAXISME" 
    Pour Hervé Morin, président (Nouveau Centre) de la région 
Normandie et ancien ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy, 
"il faut que l'on prenne des mesures comme la société 
israélienne a su en prendre pour assurer sa sécurité". 
    Le maire LR de Tourcoing (Nord) Gérald Darmanin, qui a 
récemment publié "Plaidoyer pour un islam français", a souhaité 
sur Twitter que l'Etat fasse "tout (...) pour éviter cette 
guerre civile 'religieuse' qui commence sous nos yeux". 
    Alain Juppé, favori de la primaire à droite en tournée dans 
le Pacifique, a fait part de son émotion via Twitter, sans plus 
de commentaire, tandis que François Fillon, également sur 
Twitter, écrivait : "Nous indigner ne suffit plus". 
    La présidente du Front national Marine Le Pen met en cause 
pour sa part des "décennies d'aveuglement et de laxisme". 
    "La réponse est politique" et "la préservation de l'Etat de 
droit, indispensable, et sur laquelle nous ne transigerons pas, 
passe d'abord par l'application des lois et des peines", 
dit-elle dans un communiqué. 
    Elle presse le gouvernement de "passer à l'action" et le met 
en garde : "Sa responsabilité serait historique s'il se 
maintenait dans une inaction qui pourrait entraîner la mise à 
mal de la cohésion nationale ou pire de la paix civile". 
 
 (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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