France-Droite et centre ne voteront pas une possible censure de gauche

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    * L'opposition ne veut pas un "gouvernement encore plus à 
gauche" 
    * Les "frondeurs" veulent proposer un texte très à gauche 
 
    PARIS, 18 mai (Reuters) - Les groupes Les Républicains (LR) 
et UDI (centriste) de l'Assemblée nationale ne voteront pas une 
motion de censure du gouvernement que pourrait déposer la 
"gauche de la gauche" pour faire barrage à la réforme du Code du 
travail. 
    La députée LR Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la 
primaire à droite pour l'élection présidentielle, a dit mercredi 
sur Europe 1 qu'elle n'excluait pas de voter une telle motion 
que les "frondeurs" de la gauche espèrent être en mesure de 
déposer en juillet, lors de la deuxième lecture à l'Assemblée. 
    Mais cette idée, qui entraînerait le renversement du 
gouvernement, est très peu partagée dans l'opposition. 
    "Nous sommes d'accord pour condamner les méthodes du 
gouvernement mais sur le fond nous ne le sommes pas", a dit à 
Reuters Daniel Fasquelle, député LR proche de Nicolas Sarkozy et 
par ailleurs trésorier du parti LR. 
    "Je ne suis pas d'accord pour voter une telle motion de 
censure", a-t-il ajouté. "Si c'est pour avoir un gouvernement 
encore plus à gauche, je n'en vois pas l'intérêt." 
    Philippe Vigier, le président du groupe UDI, a renchéri : 
"Si c'est un texte qui tape le libéralisme modéré qu'on incarne, 
on ne le votera pas." 
    Or, le chef de file des députés socialistes "frondeurs" a 
démontré que c'était bien son intention en se montrant 
sarcastique sur les propos de Nathalie Kosciusko-Morizet. 
    "Cela nous conduira à ce que la rédaction d'une éventuelle 
motion soit suffisamment tranchante pour être sûr qu'elle ne la 
vote pas", a-t-il lancé dans les couloirs de l'Assemblée. 
     
    LES "FRONDEURS" SE RENCONTRENT  
    Après que le gouvernement, la semaine dernière, a utilisé la 
procédure du 49-3 pour faire voter son projet de loi sur le 
travail, les groupes LR et UDI ont déposé une motion de censure 
qui a été rejetée. 
    Mais le groupe Front de gauche, quelques écologistes et 26 
députés PS "frondeurs" ont tenté de déposer la leur. Il leur a 
manqué deux députés pour pouvoir la déposer. Ils n'ont regroupé 
que 56 signatures alors qu'il en fallait 58. 
    Depuis, la "gauche de la gauche" oeuvre afin de pouvoir le 
jour venu déposer une motion de censure et de rassembler les 58 
signatures requises. 
    André Chassaigne (PC), le président du groupe Front de 
gauche, a confirmé qu'il avait rencontré mardi des "frondeurs" 
PS et des écologistes afin de réunir le moment venu les 58 
signatures et que ces rencontres allaient devenir "régulières". 
    "L'idée, c'est que l'on soit 58 pour le prochain coup" pour 
la seconde lecture de la loi El Khomri en juillet, a dit à 
Reuters le député écologiste Noël Mamère. 
    Christian Jacob, le président du groupe LR, a confirmé 
mardi, que si le gouvernement réutilise la procédure du 49-3 
lors de la seconde lecture par les députés de la loi travail, ce 
qui est très probable, une nouvelle motion de censure sera 
déposée dans la foulée. 
 
 (Emile Picy, édité par Yves Clarisse) 
 
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