France-Doutes sur le choix de Chevènement pour la Fondation de l'islam

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    * François Hollande a avancé le nom de l'ex-ministre 
    * Dans l'opposition, on s'étonne de ce choix 
    * Jean-Pierre Chevènement ne se prononcera pas avant 
septembre 
 
    PARIS, 4 août (Reuters) - La possible nomination de 
Jean-Pierre Chevènement à la tête de la Fondation de l'islam de 
France suscite le scepticisme dans la classe politique, certains 
responsables jugeant le profil de l'ex-ministre de l'Intérieur 
peu adapté à la mission. 
    François Hollande a lui-même laissé filtrer mardi le nom de 
l'ancien sénateur pour diriger cette institution, en sommeil 
depuis 2005, dont l'objectif est de lever des fonds pour le 
financement des lieux de culte musulmans.   
    La décision n'est pas encore tranchée mais, dès mercredi, 
l'opposition a fait part de ses doutes concernant la préférence 
de l'exécutif pour Jean-Pierre Chevènement, connu davantage pour 
avoir animé les débats à gauche pendant plusieurs décennies que 
pour son expertise en matière d'islam. 
    Le centriste François Bayrou l'a qualifié jeudi de 
personnalité "respectable" tout en estimant que le choix d'un 
non musulman poserait "une grande interrogation". 
    "En instaurant cette organisation pour le financement des 
lieux de cultes, on reconnaît que (les musulmans) ont leur place 
légitime dans la société française. Et on leur enlève le droit, 
la légitimité de s'occuper de cette question si sensible pour 
eux et si sensible pour la communauté nationale", a déclaré le 
maire de Pau sur iTELE. 
    Sur RTL, Brice Hortefeux, lointain successeur de Jean-Pierre 
Chevènement place Beauvau (2009-2011), s'est lui aussi étonné du 
choix d'un homme "totalement étranger à la religion musulmane".  
    "C'est comme si, pour la présidence de la conférence des 
évêques de France, on faisait appel à un bouddhiste", a ironisé 
ce proche de Nicolas Sarkozy.  
         
    LAÏCITÉ EXIGEANTE 
    Pour justifier ce choix, le gouvernement met en avant 
l'attachement de Jean-Pierre Chevènement à une laïcité exigeante 
et l'autorité morale dont jouirait l'ex-député, âgé de 77 ans, 
qui ne dispose plus d'aucun mandat électif et se tient depuis 
plusieurs années à l'écart des querelles politiques.  
    L'ancien socialiste a déjà ouvert le dossier de l'islam en 
France lorsqu'il était ministre de l'Intérieur dans le 
gouvernement de Lionel Jospin à la fin des années 1990 et, à ce 
titre, chargé des cultes. 
    En 1997, il s'est prononcé pour la naissance d'une instance 
représentative afin de "poser les bases des relations normales 
qui doivent s'établir entre l'Etat et l'islam de France" mais, à 
l'époque, son initiative est restée sans lendemain. 
    "C'est un sujet auquel je réfléchis depuis très longtemps", 
a dit mercredi Jean-Pierre Chevènement, interrogé par Le Monde, 
précisant toutefois qu'il ne donnerait pas de réponse avant "la 
rentrée de septembre". 
    Pour autant, l'option privilégiée par l'exécutif ne fait pas 
l'unanimité au sein même du gouvernement.  
    Mercredi, la ministre des Familles, Laurence Rossignol, a 
dressé du candidat idéal un portrait très différent de celui de 
Jean-Pierre Chevènement.  
    "Le bon profil, selon moi, c'est d'abord quelqu'un de 
culture musulmane, qui ait une connaissance de la subtilité 
humaine de l'islam, quelqu'un de laïc, et peut-être, le meilleur 
profil, ce serait une femme", a-t-elle jugé sur France Info. 
 
 (Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 
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