France-Dieudonné condamne "sans retenue" les attentats

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(Actualisé avec réquisitions du parquet) PARIS, 4 février (Reuters) - Dieudonné, poursuivi pour apologie d'actes de terrorisme en raison d'un message posté sur Facebook après les attentats djihadistes qui ont fait 17 morts début janvier en France, a dit mercredi condamner "sans aucune retenue" ces attaques. Le 11 janvier dernier, au soir d'une grande marche citoyenne en hommage aux victimes, le polémiste avait écrit qu'il se sentait "Charlie Coulibaly", détournant le slogan "Je suis Charlie" en référence à l'un des trois auteurs des attaques, Amedy Coulibaly, qui a tué une policière et quatre juifs. Ses propos avaient ensuite été retirés de sa page Facebook. "Bien évidemment, je condamne sans aucune retenue et aucune ambiguïté les attentats", a déclaré Dieudonné devant le tribunal correctionnel de Paris. "J'ai senti beaucoup d'émotion ce jour-là (...) Je me sens Charlie évidemment (...) Et puis en même temps je me sens traité comme un terroriste", a ajouté celui qui s'estime victime de censure et a dit s'être senti "exclu" de la marche parisienne. "C'était une expression qui était en gestation dans ma recherche de paix", a-t-il poursuivi, affirmant ne pas avoir voulu choquer les familles des victimes, et regrettant que ses propos aient été "détournés." Le parquet de Paris a requis 200 jours-amende à 150 euros à son encontre, soit 30.000 euros d'amende. Dieudonné encourt jusqu'à sept ans d'emprisonnement et 100.000 euros d'amende, les faits présumés ayant été commis en ligne. "VOLONTAIREMENT AMBIGU" Interrogé sur la raison pour laquelle il avait associé "Charlie" à "Coulibaly", et non "Kouachi", du nom des auteurs de l'attaque contre Charlie Hebdo, le polémiste a expliqué avoir choisi Coulibaly car celui-ci a tué une policière d'origine martiniquaise "qui ressemble trait pour trait à (sa) fille." "C'est lui qui met une balle dans le dos de ma fille", a-t-il dit, soulignant que Clarissa Jean-Philippe était la seule victime noire des attentats. Mais pour les associations qui se sont constituées partie civile, ce choix marque un "soutien sans ambiguïté au terrorisme anti-juifs." "Cette phrase, elle est volontairement ambiguë" a déclaré le procureur Annabelle Philippe, appelant à la lire au regard du CV de son auteur, condamné à sept reprises pour injure ou provocation antisémite. "Il sait qu'il va créer le buzz (...) et il sait pertinemment comment il va être reçu", a-t-elle ajouté, le qualifiant de "multirécidiviste des abus de la liberté d'expression". Célèbre pour sa "quenelle", qu'il présente comme un geste "antisystème", Dieudonné a comparu mercredi dernier pour des propos tenus dans son spectacle "Le Mur", interdit dans plusieurs villes de France début 2014 sur impulsion de Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur. Revendiquant une "distance" perçue d'après lui par son public, il a assuré ne pas être antisémite, "parce que ça n'est pas drôle" de l'être. ID:nL6N0V74U2 (Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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