France-Dialogue de sourds entre le gouvernement et la CGT

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    * Les grèves paraissent s'essouffler 
    * CGT et FO veulent une démonstration de force mardi 
    * Le Sénat réécrit la loi Travail 
 
 (Actualisé avec préfet de Paris) 
    PARIS, 13 juin (Reuters) - Le numéro un de la CGT et la 
ministre du Travail ont continué lundi leur dialogue de sourds 
sur le projet de loi Travail porté par Myriam El Khomri, à la 
veille d'une journée de mobilisation nationale que Philippe 
Martinez annonce "énorme". 
    Le Sénat et sa majorité de droite entrent en scène avec la 
ferme intention de réécrire ce projet de loi dans un sens 
beaucoup plus libéral, avec notamment la remise en cause de la 
durée légale du travail à 35 heures par semaine.  L8N1951CD  
    Le trafic ferroviaire reste perturbé au 13e jour d'une grève 
à l'appel de la CGT cheminots et de Sud-Rail. Mais la SNCF fait 
état d'une amélioration avec neuf TGV sur dix, sept TER sur dix, 
six Transilien sur dix et un Intercités sur deux en circulation, 
avec 4,6 % de grévistes seulement. 
    Le mouvement semble également s'essouffler dans le 
traitement et le ramassage des ordures ménagères. Selon la 
mairie de Paris, il n'y avait plus que 5% des conducteurs de 
bennes en grève lundi matin et aucun garage n'était bloqué. 
    La CGT et Force ouvrière (FO), à la pointe du mouvement 
contre la Loi Travail avec cinq autres organisations syndicales 
et de jeunesse, promettent une mobilisation plus forte mardi que 
le 31 mars, qui avait marqué un pic avec 400.000 manifestants en 
France selon la police, 1,2 million selon les syndicats. 
    Philippe Martinez a fait état ce week-end de plus de 450 
autocars affrétés pour amener des manifestants à Paris, tout en 
se plaignant des patrons de compagnies de transport, "qui ne 
veulent pas mettre à disposition des cars pour les manifs". 
    Le préfet de police de Paris, Michel Cadot, a dit lundi, 
lors d'une conférence de presse, s'attendre à une "mobilisation 
relativement massive" dans la capitale, estimant que le nombre 
de 50.000 personnes pourrait être atteint. 
    Le défilé ira de la place d'Italie aux Invalides, où se 
trouve la "fan zone" de Paris pour l'Euro 2016, un risque compte 
tenu des violents affrontements qui ont accompagné les 
précédentes mobilisations lors de la dispersion. 
     
    RENDEZ-VOUS VENDREDI 
    Philippe Martinez a rendez-vous avec Myriam El Khomri à la 
première heure vendredi. 
    "Elle a mon numéro de téléphone, elle peut m'appeler quand 
elle veut pour qu'on se voie avant vendredi", a-t-il répété 
lundi sur Europe 1. "Ça fait trois mois qu'on demande à discuter 
avec le gouvernement et pour l'instant ce n'était pas possible." 
    Une version contestée par la ministre du Travail. 
    "La CGT a opté pour la politique de la chaise vide depuis 
plusieurs mois, ils ne se sont pas rendus aux réunions qui 
étaient prévues soit avec moi soit avec mon équipe en janvier et 
encore en mars dernier", a-t-elle dit sur France Inter. "La 
position de la CGT a évolué et c'est une bonne chose." 
    Même dialogue de sourds sur le fond. Philippe Martinez 
demande toujours le retrait de cinq articles clefs du texte, 
dont l'article deux, le plus contesté, qui établit la primauté 
des accords d'entreprises sur les accords de branche. 
    "J'espère que s'il y a un rendez-vous, c'est pour écouter et 
bouger un certain nombre de choses", a-t-il dit à Europe 1. 
    "Le texte peut toujours être amélioré mais il est hors de 
question de le dénaturer", a répliqué la ministre. 
    Le Sénat entame ce lundi l'examen en séance du texte sur 
lequel le gouvernement a engagé sa responsabilité en première 
lecture le 12 mai à l'Assemblée. La commission des Affaires 
sociales du Sénat l'a déjà passé à la moulinette.  
    Pour Jean-Marie Le Guen, le débat au Sénat permettra de 
"revenir au réel et au clivage droite-gauche". 
    Le gouvernement a prévenu qu'il rétablirait la version 
sortie en mai de l'Assemblée nationale, à quelques ajustements 
près, lors du retour du texte devant les députés, en juillet. 
    L'Assemblée a constitutionnellement le dernier mot mais le 
gouvernement pourrait recourir de nouveau à la procédure prévu 
par l'article 49-3 de la Constitution, s'il ne convainc les 
députés PS qui ont refusé de le voter en première lecture. 
    "Le gouvernement ne renonce évidemment à rien et prendra, 
s'il le faut, ses responsabilités", avertit Jean-Marie Le Guen.  
    
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
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