France-Dialogue de sourds autour des contrats de travail courts

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    * Les négociations Unedic suspendues à la loi travail 
    * Le Medef se dit dans une "période d'expectative" 
    * La CFDT accuse le patronat de "chantage" 
 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 28 avril (Reuters) - Les négociations entre les 
partenaires sociaux sur une nouvelle convention d'assurance 
chômage ont tourné jeudi au dialogue de sourds sur la question 
des contrats de travail très courts, sur fond de bras de fer sur 
le projet de réforme du code du travail. 
    Cette cinquième séance a essentiellement été consacrée à des 
discussions techniques sur la lutte contre l'abus d'alternance 
de ces contrats avec des périodes de chômage indemnisé, devenue 
un mode de gestion de la main d'oeuvre dans certains secteurs. 
    Les organisations patronales et syndicales s'accordent à 
estimer que c'est un effet pervers majeur du système français 
d'assurance chômage, extrêmement coûteux pour son organisme 
gestionnaire, l'Unedic. Mais elles divergent sur les remèdes. 
    Dans des propositions transmises mardi soir aux syndicats, 
le Medef suggère de modifier le calcul de l'allocation chômage 
de façon à ce que l'alternance rapide de périodes chômées et 
travaillées ne conduise pas à un revenu cumulé supérieur à ce 
qu'il serait s'il ne s'agissait que d'un revenu du travail. 
    Les propositions syndicales se placent du côté du coût du 
contrat pour l'entreprise plutôt que du salarié.      
    L'idée générale, avec des variantes selon les organisations, 
est d'imposer à l'employeur une cotisation d'assurance chômage 
d'autant plus élevée que le contrat est court ou précaire.  
     
    DANS L'OMBRE DE LA LOI TRAVAIL    
    Le négociateur du Medef, Jean Cerutti, a systématiquement 
opposé une fin de non-recevoir aux propositions syndicales en 
rejetant toute augmentation de la contribution patronale, ont 
rapporté les négociateurs syndicaux. 
    Les discussions ne sont guère allées au-delà de ces échanges 
techniques, alors que ces négociations paraissent dans une large 
mesure otage du projet de loi sur le marché du travail, en cours 
d'examen à l'Assemblée nationale. 
    "Il ne vous a pas échappé que nous étions dans une période 
d'expectative", a déclaré d'entrée de jeu le négociateur du 
Medef aux journalistes présents. 
    L'organisation patronale a menacé de se retirer des 
négociations Unedic si le gouvernement ne rétablit pas dans sa 
version initiale le projet de réforme du marché du travail. Elle 
estime que le texte a été vidé de son contenu suite aux 
modifications apportées par l'exécutif et en commission 
parlementaire, avant son examen formel prévu à partir du 3 mai. 
    Le conseil exécutif du Medef doit se réunir le 9 mai pour 
prendre une décision en fonction de l'évolution du débat 
parlementaire et des amendements déposés par le gouvernement, 
trois jours avant la prochaine session de négociation, le 12. 
    La CGPME menace pour sa part de ne pas signer un éventuel 
accord sur la convention Unedic si le gouvernement persiste à 
vouloir introduire dans le projet de loi sur le travail un 
amendement sur la surtaxation des contrats courts. 
     
    PROLONGER LA CONVENTION ? 
    La délégation de la CFDT a déploré en début de séance un 
"chantage" patronal pour "tenter de peser sur la loi travail". 
    Elle a jugé "choquant" le texte remis par le Medef, qui 
suggère notamment, parmi neuf propositions, de moduler la durée 
d'indemnisation des chômeurs en fonction des variations du taux 
de chômage constatées sur deux trimestres consécutifs. 
    "La CFDT a le sentiment que cette négociation ne se 
poursuit, du côté employeur, que pour que le chantage se 
poursuive", a-t-elle ajouté, selon le texte de sa déclaration. 
    "La CFDT a trop conscience des enjeux importants (...) pour 
rompre les discussions mais déplore le contexte d'hystérisation 
du dialogue social", a-t-elle insisté. 
    Le secrétaire national et négociateur de la CFE CGC Franck 
Mikula, qui a jugé les discussions "stériles" et "sous influence 
extérieure", n'hésite pas à estimer que le Medef "cherche tous 
les prétextes" pour sortir de la négociation Unedic. 
    "Nous ferions mieux de discuter des modalités de 
prolongation de la convention actuelle plutôt que de perdre du 
temps dans des discussions techniques qui ne conduiront à rien", 
a-t-il ajouté. 
    Une perspective que la ministre du Travail, Myriam El 
Khomri, n'a elle-même pas exclu : elle a déclaré mercredi à 
l'Assemblée nationale que si les partenaires sociaux ne se 
mettaient pas d'accord, le gouvernement prendrait un décret en 
ce sens pour prolonger la convention d'un an.  
 
 (Edité par Myriam Rivet) 
 
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  • nayara10 il y a 7 mois

    C'est cela la pensée unique Socialistikou Sovietcher Sopranier