France-Deux policiers déférés pour un vol de cocaïne

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PARIS, 6 août (Reuters) - Le brigadier suspecté d'avoir dérobé 52 kilos de cocaïne au siège de la Police judiciaire fin juillet à Paris et un second policier soupçonné de complicité ont été déférés mercredi au parquet, a-t-on appris de source proche de l'enquête. Les deux hommes devraient être présentés ensuite à un juge d'instruction en vue d'une possible mise en examen. L'annonce de la disparition de la drogue avait créé la stupeur au sein de la PJ, dont l'image avait déjà été ternie, récemment par la mise en examen de deux officiers pour viol. Jugeant l'affaire très grave, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a ordonné un audit "rigoureux et approfondi" de la brigade des stupéfiants. Le principal suspect interpellé samedi par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), un brigadier de 34 ans, a nié les faits tout au long de sa garde à vue. Il avait été arrêté sur son lieu de vacances, à Perpignan, après avoir été reconnu sur des images des caméras de vidéosurveillance installées à l'entrée de la PJ, comme étant l'homme portant deux gros sacs en plastique aperçu par une policière de garde. Les bandes avaient été saisies après la découverte, jeudi dernier, de la disparition de la drogue, d'une valeur de 2 millions d'euros à la revente et qui n'a toujours pas été retrouvée. Le second policier, lui aussi membre de la brigade des stupéfiants, avait été interpellé lundi en fin de journée. Les enquêteurs le soupçonnent d'avoir aidé son collègue à accéder à la salle où sont conservés les scellés des saisies de drogue. Le brigadier nie être l'auteur du vol en dépit de la découverte de 20.000 euros en espèces, dont la plus grande partie se trouvait dans un sac à dos qu'il portait lors de son interpellation. Il a affirmé avoir gagné cet argent en jouant à des jeux en ligne, un argument souvent utilisé par "les voyous", a souligné mardi l'ancien directeur de la PJ Claude Cancès mardi sur France Info. Les enquêteurs, qui ont entendu l'épouse du brigadier comme témoin, cherchent également à savoir comment ce dernier a acquis sept appartements ou chambres de bonne. Ils ne s'expliquent pas comment un policier expérimenté, rodé aux techniques d'enquête, ne s'est pas douté qu'il serait filmé par des caméras dont il connaissait l'existence. (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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