France-Deux mois avec sursis pour une intrusion à Fessenheim

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COLMAR, Haut-Rhin, 4 septembre (Reuters) - Les 55 militants de l'organisation écologiste Greenpeace qui s'étaient introduits dans l'enceinte de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) en mars dernier ont été condamnés jeudi à deux mois de prison avec sursis pour violation de domicile. Le tribunal correctionnel les a en revanche relaxés du chef de "dégradations volontaires en réunion". "La posture qui est invoquée par Greenpeace et que vous appelez celle de 'lanceur d'alerte' ne justifie pas tout", a affirmé le procureur Bernard Lebeau en requérant trois à quatre mois de prison de prison avec sursis pour les prévenus. L'avocat d'EDF, Emmanuel Tordjman, a estimé que ces actions étaient "porteuses d'un risque aussi bien pour les personnes qui y participent que pour les travailleurs de la centrale". Seuls trois des 55 activistes, les deux seuls Français et un Allemand, se sont présentés devant le tribunal correctionnel. Les autres ont refusé de comparaître par solidarité avec six de leurs camarades, non ressortissants de l'espace Schengen, qui ont fait l'objet d'une interdiction de séjour sur le territoire français, a indiqué l'avocat de Greenpeace, Alexandre Faro. Les présents ont reconnu et assumé les faits, tout en minimisant les dégradations, dont une clôture endommagée. "J'ai le sentiment que c'est un devoir ce que parfois je fais", a affirmé à la barre, Eddy Varin, régisseur de spectacle Rouennais de 41 ans qui n'en est pas à sa première action contre des centrales ou des convois de déchets nucléaires. Les militants, originaires de quatorze pays, avaient forcé l'enceinte de la plus vieille centrale nucléaire de France à l'aide d'un camion dans lequel ils s'étaient dissimulés. Une douzaine d'entre eux s'étaient hissés sur le toit d'un des réacteurs au sommet duquel ils avaient déployé une bannière prévenant des dangers du nucléaire et d'autres étaient parvenus à grimper sur le toit de la piscine de stockage du combustible. "On nous dit qu'on va la fermer (la centrale de Fessenheim) mais il n'y a aucune mention de fermeture d'une centrale dans le projet de loi de transition énergétique", a dit Jean-Michel Vourgère, informaticien parisien de 43 ans, en plaidant la nécessité d'alerter l'opinion. François Hollande a promis la fermeture, d'ici fin 2016, de la centrale alsacienne dont les deux réacteurs de 900 MW sont en service depuis 1977. Cette promesse a été traduite dans le projet de loi sur la transition énergétique qui sera débattu à l'automne par le Parlement, sans que le nom de Fessenheim y soit mentionné. La capacité nucléaire de la France serait plafonnée à 63 gigawatts, son niveau actuel, ce qui devrait imposer l'arrêt de l'unité alsacienne avant la mise en service de l'EPR de Flamanville prévue en 2016. (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)


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