France-Deux interpellations à Ajaccio pour les incidents du 24/12

le , mis à jour à 18:28
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    * Deux gardes à vue en cours 
    * Le préfet a pris un arrêté d'interdiction de manifester 
    * Nouveau rassemblement devant les "Jardins de l'Empereur" 
    * Le quartier sous surveillance policière 
 
 (Complété avec précisions sur gardes à vue et rassemblement) 
    AJACCIO, 27 décembre (Reuters) - Deux hommes ont été placés 
en garde à vue dimanche à Ajaccio dans l'enquête sur les 
incidents survenus le 24 décembre dans le quartier populaire des 
Jardins de l'Empereur où deux pompiers et un policier ont été 
agressés. 
    Le préfet de Corse a pris samedi soir un arrêté 
d'interdiction de manifester jusqu'au 4 janvier dans cette cité 
des hauteurs d'Ajaccio, mais quelque 400 personnes se sont 
malgré tout rassemblées sans heurts dimanche après-midi à 
l'entrée du quartier qui est fermé par une grille et protégé par 
d'importants effectifs de la gendarmerie et de la police. 
    Un homme a été interpellé vers 13h30 dimanche alors que les 
forces de l'ordre bouclaient la cité et un deuxième s'est 
présenté de lui-même au commissariat dans l'après-midi, a-t-on 
appris auprès du procureur d'Ajaccio, Eric Bouillard, et des 
services de la préfecture. 
    "Ils sont suspectés d'être en lien avec l'agression contre 
des pompiers et un policier la nuit du réveillon de Noël", 
a-t-on précisé de source policière à Reuters. 
    A la suite du "guet-apens", selon la préfecture, dont ont 
été victimes des pompiers et policiers intervenus durant le 
réveillon pour un incendie allumé à dessein aux Jardins de 
l'Empereur, des manifestants ont saccagé dans la nuit de 
vendredi à samedi une salle de prière musulmane. 
    Lors de rassemblements sous tension vendredi et samedi, les 
manifestants ont scandé pour certains "Arabi fora!" ("Les Arabes 
dehors!") ou "On est chez nous!", encadrés par des gendarmes 
mobiles et des CRS. Des manifestants expliquaient vouloir 
identifier et retrouver les auteurs de l'agression. 
    Une délégation a été reçue samedi soir par le préfet de 
Corse, Christophe Mirmand. 
     
    QUELQUE 400 MANIFESTANTS 
    "Nous, on a fait ce que l'on avait à faire dans les 
quartiers. Maintenant, on a donné le bébé au préfet. On attend 
les résultats. S'il n'y en a pas, on sera toujours là", a 
déclaré sur France 3 Corse l'un des membres de la délégation,  
Antoine Carlotti. 
    Les quelque 400 manifestants, selon la police, venus 
dimanche dans le quartier malgré l'arrêté préfectoral se sont 
dispersés sans incidents et sont redescendus pour certains -- 
entre 200 et 250 -- manifester devant le siège de la préfecture, 
selon une source policière. 
    Le préfet avait souhaité dimanche matin que l'arrêté 
d'interdiction de manifester, pris dans le cadre du régime 
national de l'état d'urgence, soit "suivi d'effets" afin 
d'assurer la "sérénité" nécessaire à l'enquête. 
    Christophe Mirmand a précisé que la cité des Jardins de 
l'Empereur comptait quelque 1.700 habitants et 480 logements et 
que la vie du quartier était troublée par "quelques dizaines de 
jeunes ou de moins jeunes" déjà condamnés pour certains pour des 
incivilités ou des faits de délinquance. 
    "L'essentiel de la population aspire à une vie tranquille, 
paisible, honnête", a-t-il souligné sur BFM TV en précisant que 
des moyens seraient débloqués pour la cité dans le cadre de la 
politique de la Ville. 
    Le nouveau président de l'Assemblée de Corse, le 
nationaliste Jean-Guy Talamoni, s'est alarmé sur BFM TV de la 
situation de quartiers "en déshérence" sur l'île, comme en 
métropole. "C'est une évolution qui nous inquiète 
considérablement", a-t-il commenté. 
     
    JACOB S'INTERROGE SUR LA "HIÉRARCHIE DES ORDRES" 
    Parallèlement à l'enquête sur les violences du 24 décembre, 
le parquet d'Ajaccio en a ouvert une autre pour identifier les 
manifestants impliqués dans les incidents consécutifs. 
    La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a assuré 
samedi sur Twitter que "la lumière sera it  faite" sur 
l'ensemble des faits. "Les auteurs en répondront, ainsi sont nos 
règles de droit et de vie commune, partout", écrit-elle. 
    Le Premier ministre, Manuel Valls, et le ministre de 
l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, avaient dénoncé vendredi des 
faits "intolérables". 
    "Quand les citoyens ont le sentiment légitime que l'Etat ne 
fait plus régner l'ordre républicain, quand ils voient des 
pompiers et des policiers pris en embuscade dans un des 
innombrables ghettos que compte la France, il y a le risque 
évident qu'ils veuillent se faire justice eux-mêmes", a jugé 
pour sa part le Front national dans un communiqué. 
    Le chef de file des députés Les Républicains, Christian 
Jacob, a demandé dimanche au ministre de l'Intérieur de "faire 
la transparence sur la hiérarchie des ordres qui ont été donnés" 
lors des incidents. 
    "En Corse, on est en République française, et à partir de 
là, les quartiers de non-droit ne doivent pas exister, et c'est 
l'autorité de l'Etat qui doit être réaffirmée le plus rapidement 
possible", a-t-il dit dans le cadre du "Grand Rendez-Vous" 
Europe 1-Le Monde-iTELE, regrettant que les forces de l'ordre ne 
soient pas intervenues "plus tôt". 
 
 (Service France, édité par Sophie Louet) 
 
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  • M940878 il y a 12 mois

    des noms ? en fait un prénom devrait suffire !

  • M940878 il y a 12 mois

    ils vont d'eux-mêmes au commissariat , ils préfèrent la justice taubirienne laxiste à celle du peuple corse , mais ils seront sans doute attendus à la sortie

  • frk987 il y a 12 mois

    Dans quelques années on citera cet événement comme le début concret de la libanisation de la France.....Demain ce sera ailleurs, puis ainsi de suite jusqu'au krach final entre deux populations qui ne pourront jamais cohabiter. pas plus qu'elles ne surent le faire en 130 ans en Algérie.