France-Des stations sans essence, "un chantage" selon Valls

le , mis à jour à 20:42
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    * Pour Manuel Valls, la CGT est à la "dérive" 
    * La CGT affirme que six raffineries sur huit sont affectées 
    * Les terminaux pétroliers de Fos-sur-Mer et de Lavéra 
bloqués 
    * Sapin annonce qu'il n'y aura pas d'"indulgence" 
 
 (Actualisé avec Valls) 
    PARIS, 23 mai (Reuters) - Manuel Valls a qualifié lundi de 
"chantage" les actions des syndicats qui bloquent la plupart des 
raffineries françaises et plusieurs dépôts de carburant, tout en 
assurant qu'il n'y avait pour l'heure aucune raison de céder à 
la "panique". 
    Ces blocages ont à nouveau perturbé lundi les 
approvisionnements des stations-service - 20% environ ont connu 
des difficultés ou ont dû fermer selon le gouvernement - et 
poussé de nombreux automobilistes à se ruer aux pompes.  
    Les syndicats les plus opposés à la réforme du Code du 
travail, CGT en tête, voient là un moyen de poursuivre la 
contestation entamée il y a trois mois. 
    "Cela va durer au moins la semaine", a déclaré sur RMC 
Emmanuel Lépine, responsable de la branche pétrole de la CGT. 
"Il n'y a qu'une manière de débloquer la situation, c'est de 
retirer la loi Travail, c'est très simple", a-t-il ajouté. 
    Selon Manuel Valls, ce procédé relève du "chantage" et 
traduit une "dérive  de la CGT, en tout ca d'une partie d'entre 
elle". 
    "Il peut y avoir des contestations, elles sont légitimes et 
nous maintenons le dialogue (...) Mais nous ne pouvons accepter 
aucun chantage au carburant mettant en difficulté demain les 
usagers ou notre économie", a déclaré le Premier ministre, en 
visite en Israël et dans les territoires palestiniens. 
    "Je veux une nouvelle fois rassurer les Français, leur dire 
que l'Etat fait preuve d'une grande fermeté pour qu'il n'y ait 
pas de pénuries de carburant", a ajouté le chef du gouvernement. 
     
    DÉBLOCAGE DES SITES 
    Rappelant que les forces de l'ordre étaient intervenues ces 
derniers jours pour débloquer plusieurs dépôts de carburant, il 
a affirmé que "d'autres sites, d'autres dépôts ser(aient) 
libérés, autant que nécessaire". 
    Sur huit raffineries en France métropolitaine, six sont 
affectées par le mouvement, selon la CGT.  
    Plusieurs centaines de militants CGT ont bloqué dans la nuit 
de dimanche à lundi le dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer 
(Bouches-du-Rhône), prélude, selon le syndicat, à des actions 
pour arrêter la production sur l'ensemble du complexe 
pétrochimique de l'étang de Berre, avec les raffineries de Total 
à La Mède et Ineos à Lavéra.   
    Les salariés du site de Grandpuits, en Seine-et-Marne, ont 
quant à eux voté lundi l'arrêt de la production de cette 
raffinerie, la plus petite des cinq exploitées par Total en 
France, mais la plus proche de Paris. 
    Un mouvement de grève de 24 heures reconductible a par 
ailleurs été déclenché lundi chez Fluxel, le gestionnaire des 
terminaux pétroliers de Fos-sur-Mer et de Lavéra, dans les 
Bouches-du-Rhône.  
    "Aucun navire n'est opéré sur ces installations", a dit à 
Reuters le secrétaire général CGT du port de Marseille, Pascal 
Galéoté. 
     
    DES STATIONS A SEC 
    Les deux ports pétroliers de Fos-Lavéra desservent 
directement les raffineries du complexe pétrochimique de l'étang 
de Berre (Petroinéos à Lavéra, Total à la Mède et Esso à Fos), 
mais aussi par pipeline celles de Feyzin (France), de Cressier 
(Suisse) et de Karlsruhe (Allemagne). 
    Selon Total, qui exploite 2.200 stations-service, 612 
d'entre elles se trouvaient lundi en rupture partielle ou 
complète d'approvisionnement. 
    Une application et un site internet lancés par des 
automobilistes recensent les stations à court de carburant, 
partiellement ou totalement - beaucoup se trouvent dans un grand 
quart nord-ouest mais plus seulement. 
    Selon Michel Sapin, qui s'exprimait lundi matin sur iTELE, 
les opérations menées par les syndicats sont "illégitimes". 
    "Quand quelque chose n'est plus légitime, il n'y a plus de 
soutien et il n'y aura évidemment pas la moindre indulgence de 
la part du gouvernement", a-t-il ajouté. 
    Sur RTL, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez 
a mis en cause en retour la responsabilité du gouvernement pour 
l'absence de dialogue. 
    "Face à ce que nous on demande, c'est-à-dire l'écoute de 
ceux qui ne sont pas contents, on choisit de bomber le torse, de 
gonfler les muscles. C'est une position qui conforte ce qu'on 
connaît depuis un petit moment, pas de dialogue. Que le 
gouvernement écoute et que le président de la République écoute 
plutôt que de choisir la force", a-t-il dit. 
 
 (Yann Le Guernigou et Simon Carraud, avec Jean-François 
Rosnoblet à Marseille, édité par Yves Clarisse) 
 

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  • g.joly1 il y a 10 mois

    Il faut tout bloquer par la grève comme en 36, 68, 95, 2006. C'est en bonne voie et on va gagner.