France-Des propositions pour attirer des centres de décisions

le
0
    * La France a perdu du terrain depuis 30 ans 
    * Elle garde des atouts en termes d'attractivité "pure" 
    * Une desserte rapide de Roissy impérative 
    * Air France ne doit pas réduire son réseau 
 
    PARIS, 11 mai (Reuters) - La France a perdu du terrain en 
matière d'accueil de centres de décision des entreprises 
étrangères mais dispose de nombreux atouts pour regagner en 
attractivité, estime le Conseil d'analyse économique (CAE). 
    Dans une étude publiée mercredi, cet organisme rattaché aux 
services du Premier ministre pointe la nécessité pour cela 
d'agir sur la fiscalité, notamment celle sur les hauts revenus. 
    Mais il insiste tout autant sur les critères "non fiscaux" 
pour y parvenir, comme la qualité des installations 
aéroportuaires, le nombre de diplômés de l'enseignement 
supérieur ou encore le développement des sections 
internationales dans les lycées. 
    Alors qu'elle était à la première place en Europe pour 
l'accueil des centres de décisions des entreprises au début des 
années 1980, la France est tombée au quatrième rang derrière 
l'Allemagne, la Belgique et le Royaume-Uni. 
    L'Hexagone, plus spécifiquement l'Ile-de-France, souffre du 
fait qu'il n'est pas une destination prioritaire des grands pays 
émergents, ses principaux investisseurs restant les Etats-Unis, 
l'Allemagne, la Suisse, le Luxembourg et les Pays-Bas. 
    Pour les auteurs de l'étude, il semble aussi que sa 
performance déclinante s'explique davantage par des 
spécialisations sectorielles moins dynamiques que par un déficit 
d'attractivité "pure" de la France, sur laquelle les politiques 
publiques peuvent avoir un effet. 
    Car la position de la France en la matière ne s'érode pas et 
a même évolué positivement dans les années 2000. 
    Dans ce contexte, l'Ile-de-France a aujourd'hui toutes ses 
chances pour devenir la capitale économique de la zone euro face 
à une Allemagne handicapée par sa structure fédérale et la 
région de Bruxelles, qui est encore d'une taille limitée. 
    Côté fiscalité, l'étude souligne que le taux de l'impôt sur 
les sociétés est moins pénalisant que l'instabilité fiscale et 
que Paris compense son niveau élevé par un régime favorable pour 
les filiales des sociétés implantées hors zone euro. 
     
    ROISSY ET AIR FRANCE SOLLICITÉS 
    De même, le régime des "impatriés" pour les cadres étrangers 
permet d'atténuer l'impact "significativement négatif" des taux 
d'imposition des tranches supérieures de l'impôt sur le revenu.  
    Mais la "taxe à 75%" appliquée en 2014 et 2015 sur les hauts 
revenus a sans doute laissé des traces et les auteurs de l'étude 
estiment que le gouvernement français doit lancer une 
concertation au niveau européen sur leur imposition. 
    De par le niveau élevé de sa fiscalité, la France doit être 
performante dans tous les autres aspects pour maintenir son 
attractivité, souligne l'économiste Alain Trannoy, un des 
auteurs de l'étude rédigée avec Farid Toubal. 
    C'est par exemple développer une culture de services aux 
entreprises dans l'administration fiscale, comme c'est le cas de 
longue date en Grande-Bretagne, pour les aider à comprendre les 
règles du jeu. 
    "L'idée, c'est de développer le conseil et tout ce qui peut 
éviter un contrôle, pour faire en sorte que l'entreprise paie le 
bon montant au bon moment", dit-il. 
    Le développement de pôles universitaires d'excellence et de 
sections internationales dans les lycées est un autre élément 
d'attractivité au même titre que les liaisons aériennes. 
    Sur ce dernier point, l'étude insiste sur la nécessité 
d'améliorer la plate-forme de Roissy-Charles de Gaulle, qui est 
à la peine dans les classements internationaux, et faire de la 
création d'une liaison rapide avec le centre de Paris, prévue 
maintenant à l'horizon 2023, "un investissement national 
prioritaire". 
    En attendant qu'elle voie le jour, des remèdes temporaires 
devront être trouvés "parce que 2023, c'est encore loin", dit 
Alain Trannoy. 
    Un autre sujet de préoccupation est la réduction, pour des 
raisons de coûts, du nombre de liaisons effectuées par Air 
France. L'étude sollicite pour cela l'Etat, premier actionnaire 
de la compagnie aérienne, "qui doit lui faire prendre conscience 
que la fermeture de lignes handicape Paris pour son activité 
internationale dans le long terme". 
     
    La note du CAE : http://www.cae-eco.fr/IMG/pdf/cae-note030.pdf 
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant