France-Des proches d'Aubry vont quitter la direction du PS

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 (Actualisé avec Cambadélis) 
    PARIS, 28 février (Reuters) - Des proches de Martine Aubry, 
qui a co-signé cette semaine une charge virulente contre la 
politique de Manuel Valls, vont quitter la direction du Parti 
socialiste, annonce la maire de Lille dans le Journal du 
Dimanche. 
    "Nous allons sortir du PS, nous souhaitons en discuter avec 
Jean-Christophe Cambadélis", le premier secrétaire du parti, 
déclare celle qui fut à la tête du parti entre 2008 et 2012.  
    "On ne demande le départ de personne, on ne demande rien 
d'ailleurs", ajoute-t-elle. "Ceux de mes amis qui ont été 
sollicités ont refusé d'entrer au gouvernement. On ne veut aucun 
poste. On veut simplement que ce pour quoi on s'est battus toute 
notre vie soit préservé". 
    La maire de Lille figure parmi les signataires d'une tribune 
publiée cette semaine dans Le Monde, intitulée "Trop c'est trop" 
et qui dresse les "reculs" imputés au gouvernement, du pacte de 
responsabilité au projet de réforme du Code du travail en 
passant par le "désolant débat sur la déchéance de nationalité" 
 ID:nL8N1634KT .  
    "Avant même la loi El Khomri (sur le code du travail-NDLR), 
j'ai été profondément choquée par les déclarations de Manuel 
Valls en Allemagne. Qu'un Premier ministre socialiste ne se 
mette pas du côté de ceux qui agissent, qui accueillent des 
réfugiés, je ne l'accepterai jamais", explique Martine Aubry au 
JDD.  
    Dans les colonnes de La Voix du Nord, le secrétaire national 
du PS et conseiller politique de Jean-Christophe Cambadélis, 
Gilles Pargneaux, confirme son intention de quitter l'instance 
dirigeante du parti. 
     "Nous pensons que le président de la République doit 
prendre en compte ce que le parti propose. Or, là, le PS ne sert 
à rien. Il est mis de côté", estime-t-il. "On a l'impression que 
tout se décide dans un cénacle autour du Premier ministre. Dès 
lors, pourquoi rester à la direction ?"  
    Réagissant pour la première fois à la tribune du Monde, 
Jean-Christophe Cambadélis a évoqué dimanche une "crise de 
mutation" et s'est présenté comme un "homme d'écoute".  
    "Il y a une crise du Parti socialiste, il faut la mesurer et 
la caractériser", a-t-il dit sur BFM TV. "Il y a partout des 
débats (en Europe-NDLR) il faut replacer ceci dans son contexte. 
Je crois que c'est une crise de mutation. La grande question qui 
est posée (...) c'est comment être socialiste, être de gauche 
(...) dans un monde aux crises plurielles", a-t-il déclaré. 
    Face à cette crise et aux critiques visant le parti, il a 
déclaré que son objectif en tant que premier secrétaire était 
"de rassembler, d'être clair et unitaire." 
    "J'écoute, je suis un homme d'écoute", a-t-il dit. "Je trace 
une route équilibrée entre l'action gouvernementale qui me 
semble nécessaire et qui porte ses fruits mais par ailleurs je 
conçois qu'on peut estimer qu'un certain nombre de valeurs aient 
été froissées ou remises en cause dans la dernière période".  
 
 (Marine Pennetier, édité par Pierre Serisier) 
 
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