France-Des policiers en colère manifestent pour soutenir un collègue

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    * Refus des enquêtes de la police des police 
    * De nouvelles manifestations de policiers en France 
    * Un mouvement qui échappe aux syndicats 
 
    PARIS, 3 novembre (Reuters) - Quelques centaines de 
policiers ont manifesté jeudi après-midi devant l'Inspection 
générale de la police nationale (IGPN) à Paris pour soutenir un 
leader de la contestation menée depuis plus de quinze jours hors 
de tout cadre syndical. 
    La hiérarchie reproche à cet agent, Guillaume L., qui était 
convoqué en début d'après-midi à l'IGPN, de s'être exprimé dans 
les médias à visage découvert au cours de manifestations 
sauvages de policiers, dit-on dans son entourage. 
    Les manifestants rassemblés dans le XIIe arrondissement de 
Paris ne cachaient pas leur colère face aux possibles sanctions 
qui pourraient viser le fonctionnaire de la brigade 
anticriminalité, qu'ils considèrent comme un "lanceur d'alerte". 
    "Aujourd'hui, on a l'impression qu'on essaye de nous faire 
taire, qu'on nous menace", a dit Guillaume L. sur RTL.  
    L'agent de la BAC été accueilli devant les locaux de la 
police des polices sous les hourras et au son de la 
"Marseillaise" entonnée par les manifestants, dont certains 
brandissaient une pancarte "Stop aux enquêtes IGPN". 
    En dépit des mesures annoncées la semaine dernière par le 
gouvernement, assorties d'une enveloppe de 250 millions d'euros, 
la fronde de la base marquant son désaccord avec le gouvernement 
et sa défiance vis-à-vis des syndicats persiste. 
    "Au 17e jour de révolte, la colère reste intacte", assure un 
collectif sur son compte Facebook. 
    Après Nantes et Marseille mercredi, près de 400 policiers 
ont manifesté dans la nuit à Toulouse avec pour slogan "Au 
service des citoyens, pas des politiciens". Mardi, des centaines 
de fonctionnaires s'étaient rassemblés devant la pyramide du 
Louvre à Paris. D'autres rassemblements sont prévus jeudi soir, 
comme au Havre ou à Castres, ainsi que vendredi et samedi. 
     
    "HORS POLITIQUE ET HORS SYNDICATS" 
    Des animateurs de ce mouvement inédit ont lancé un collectif 
national et des collectifs départementaux chargés de préparer 
les revendications. Ils envisagent de créer une association pour 
"être enfin écoutés" au travers d'une structure transparente. 
    "Elle doit être hors politique et hors syndicat. On n'est 
plus en accord ni avec les uns, ni avec les autres. L'écart est 
devenu trop grand entre leurs paroles et leurs actes", résume 
Thierry, gardien de la paix à Marseille. 
    Depuis le 17 octobre, le mouvement animé par des collectifs 
hostiles aux organisations syndicales et qui s'efforcent 
d'empêcher les tentatives de récupération politique s'est 
manifesté essentiellement lors de rassemblements nocturnes. 
    Si les syndicats de police reçus mercredi dernier par 
François Hollande se sont montrés satisfaits du plan du 
gouvernement, les policiers frondeurs estiment n'avoir été qu'en 
partie entendus. 
    Dénonçant les attaques violentes dont ils font l'objet, ils 
réclament notamment plus de moyens, des conditions de travail 
plus dignes, une extension de la légitime défense et moins de 
pression de la part de la hiérarchie. 
    L'étincelle de la contestation policière est partie d'une 
attaque au cocktail Molotov, le 8 octobre, à Viry-Châtillon 
(Essonne) qui a grièvement blessé deux policiers. 
    Au lendemain de la première manifestation, Jean-Marc 
Falcone, le directeur général de la police nationale avait jugé 
ce mouvement "inacceptable" et demandé à l'IGPN d'ouvrir une 
enquête. Face au tollé général, il avait finalement adouci le 
ton, expliquant qu'il s'agissait de "faire de la pédagogie et 
non de la répression". 
 
 (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
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