France-Des policiers en colère demandent un Grenelle à la droite

le
0
    PARIS, 4 novembre (Reuters) - Des policiers participant à la 
fronde née il y a une quinzaine de jours ont interpellé jeudi 
plusieurs candidats à la primaire de la droite pour leur 
réclamer la tenue d'un "Grenelle de la sécurité" en cas de 
victoire aux élections l'an prochain. 
    Un appel à manifester devant la salle Wagram, où était 
organisé le second débat entre les sept prétendants à 
l'investiture présidentielle de la droite, avait circulé sur les 
réseaux sociaux en début de soirée. 
    "Je comprends parfaitement votre colère, votre 
exaspération", a répondu Alain Juppé à une manifestante venue 
l'interroger à la sortie du débat, durant lequel le volet de la 
sécurité a été abordé.  
    "Il ne faut pas se désespérer, il faut se battre et je sais 
que les policiers ne se désespèrent pas. Vous avez le droit au 
soutien des pouvoirs publics, vous ne l'avez pas suffisamment 
aujourd'hui", a ajouté le favori des sondages. 
    Prié de répondre à la demande de convoquer un "Grenelle de 
la sécurité", l'ex-Premier ministre a jugé l'idée "intéressante" 
avant de prendre les coordonnées de son interlocutrice.    
    Les policiers présents ont également tenté de s'adresser à 
Nicolas Sarkozy, à qui les sondages prédisent pour l'heure une 
défaite face à Alain Juppé au second tour du 27 novembre. 
    "Que pouvons-nous attendre d'un gouvernement déjà en 
partance? Allons donc trouver les futurs candidats et leur 
proposer un Grenelle de la sécurité comme Nicolas Hulot avait 
fait en son temps (en 2007, NDLR) avec l'écologie", pouvait-on 
lire dans l'appel diffusé sur Facebook. 
    Depuis le 17 octobre, le mouvement animé par des collectifs 
hostiles aux organisations syndicales et qui s'efforcent 
d'empêcher les tentatives de récupération politique s'est 
manifesté essentiellement lors de rassemblements nocturnes. 
    Si les syndicats de police reçus la semaine dernière par 
François Hollande se sont montrés satisfaits d'un train de 
mesures annoncé par le gouvernement, les policiers frondeurs 
estiment n'avoir été qu'en partie entendus.   
    Dénonçant les attaques violentes dont ils font l'objet, ils 
réclament notamment plus de moyens, des conditions de travail 
plus dignes, une extension de la légitime défense et moins de 
pression de la part de la hiérarchie. 
    L'étincelle de la contestation policière est partie d'une 
attaque au cocktail Molotov, le 8 octobre, à Viry-Châtillon 
(Essonne) qui a grièvement blessé deux policiers. 
 
 (Simon Carraud, édité par Sophie Louet) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant