France-Des peines plus légères réclamées en appel pour Xynthia

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 (Actualisé avec citations, détails) 
    POITIERS, Vienne, 1er décembre (Reuters) - Quatre ans de 
prison, dont deux avec sursis, ont été requis mardi contre 
l'ancien maire de La Faute-sur-Mer (Vendée), rejugé en appel 
pour "homicides involontaires" et "mise en danger de la vie 
d'autrui" après le passage de la tempête Xynthia, qui avait fait 
29 morts dans sa commune en 2010. 
    La peine réclamée à Poitiers (Vienne) par l'avocat général 
pour René Marratier est ainsi largement inférieure à celle qui 
avait été prononcée en décembre 2014 par le tribunal 
correctionnel des Sables d'Olonne (Vendée), qui avait condamné 
le maire vendéen à quatre ans de prison ferme. 
    Il s'agissait alors de la plus lourde peine jamais prononcée 
en France à l'encontre d'un élu poursuivi pour ce type de faits. 
Le représentant du ministère public a également réclamé qu'il 
lui soit interdit à vie d'exercer toute fonction publique. 
    Thierry Phelippeau, avocat général près la cour d'appel de 
Poitiers, a fustigé au cours de ses réquisitions "la légèreté" 
et "l'amateurisme" de l'ancien maire de La Faute-sur-Mer, accusé 
d'avoir "maintenu la population dans l'ignorance du risque" 
d'inondations. 
    Il a également requis quinze mois de prison ferme pour 
Françoise Babin, l'ex-première adjointe de René Marratier, 
soupçonnée d'avoir signé des permis de construire sur des 
terrains lui appartenant par "appât du gain".  
    Elle avait condamnée en première instance à deux ans de 
prison ferme et 75.000 euros d'amende. 
     
    "DESIR DE RIVAGE" 
    Neuf mois de prison ferme ont également été réclamés pour 
son fils Philippe Babin, président de l'association propriétaire 
de la digue Est, qui n'aurait pas fait assurer correctement la 
surveillance de l'édifice.  
    Aux Sables d'Olonne, il avait écopé de 18 mois de prison 
ferme. Enfin, l'avocat général a requis une amende de 30.000 
euros pour les deux sociétés du bâtiment de Patrick Maslin, un 
autre ancien adjoint de René Marratier, aujourd'hui décédé. 
    Seul fonctionnaire poursuivi en première instance, Alain 
Jacobsoone, directeur adjoint à l'époque de la Direction 
départementale des territoires et de la mer (DDTM) de la Vendée, 
avait lui été relaxé par le tribunal correctionnel des Sables 
d'Olonne, et le parquet n'avait pas fait appel de la décision. 
    L'avocat général a appelé à cesser les "fantasmes" sur une 
prétendue "volonté" de l'État de s'exonérer de ses 
responsabilités dans ce drame.  
    "Certes, il y a eu des carences et des défaillances de 
l'Etat, mais il n'y a eu aucune volonté, aucune instruction pour 
protéger ses agents", a insisté Thierry Phelippeau. 
    Il avait également appelé les protagonistes de l'affaire à 
"sortir de la caricature" d'un "Etat tout-puissant contre de 
petites communes", qui se sont finalement révélées être 
"oublieuses du passé" et "aveuglées par leurs désir de rivage". 
    Le procès en appel doit se terminer mercredi, au terme de 
"débats plus techniques et moins empreints d'émotion" qu'en 
première instance, a convenu l'avocat général. Le jugement sera 
mis en délibéré, à une date encore indéterminée. 
 
 (Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse) 
 
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