France-Des ex-ministres partent en guerre contre le harcèlement

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    PARIS, 14 mai (Reuters) - Dix-sept anciennes ministres 
françaises, de gauche comme de droite, déclarent que la loi du 
silence n'est plus possible dans les affaires de harcèlement 
sexuel, estimant que le monde politique a un devoir 
d'exemplarité en la matière. 
    "Nous nous sommes engagées en politique pour des raisons 
diverses, nous défendons des idées différentes, mais nous 
partageons la volonté que le sexisme n'ait pas sa place dans 
notre société", déclarent-elles dans un appel publié dans les 
colonnes du Journal du dimanche. 
    De la communiste Michèle Demessine à la présidente Les 
Républicains (LR) de la région Ile-de-France Valérie Pécresse, 
en passant par la socialiste Élisabeth Guigou, l'écologiste 
Dominique Voynet et la directrice générale du Fonds monétaire 
international Christine Lagarde, les signataires de l'appel 
soulignent que "ceux qui écrivent les lois, les votent, sont 
chargés de les faire appliquer, se doivent de les respecter et 
donc d'être irréprochables" 
    Cet appel fait suite aux accusations lancées par des élues 
et responsables d'Europe Ecologie-Les Verts contre le député 
Denis Baupin, qui ont dénoncé des gestes déplacés assimilables à 
du harcèlement ou à des agressions sexuelles. 
    L'époux de la ministre du Logement Emmanuelle Cosse, qui 
dément les faits, a démissionné de son poste de vice-président 
de l'Assemblée nationale.   
    "Nous prenons la plume pour dire que, cette fois, c'est 
trop, l'omerta et la loi du silence ne sont plus possibles", 
déclarent les anciennes ministres.  
    "Nous avons été ministres, nous sommes ou avons été élues. 
Et comme toutes les femmes qui ont accédé à des milieux 
auparavant exclusivement masculins, nous avons eu à subir et à 
lutter contre le sexisme. Ce n'est pas aux femmes à s'adapter à 
ces milieux, ce sont les comportements de certains hommes qui 
doivent changer", indiquent-elles. 
    "Ce fléau n'est pas propre à notre univers, loin de là, mais 
le monde politique a un devoir d'exemplarité", ajoutent-elles en 
soulignant que "cela concerne tous les partis, tous les niveaux 
de pouvoir."  
    "L'impunité, c'est fini. Nous ne nous tairons plus", 
poursuivent-elles en s'engageant à dénoncer "systématiquement 
toutes les remarques sexistes, les gestes déplacés, les 
comportements inappropriés." 
    Parmi les signataires, figurent trois anciennes ministres de 
François Hollande, Aurélie Filippetti, Fleur Pellerin et Cécile 
Duflot, mais aussi, à droite, Nathalie Kosciusko-Morizet, 
Roselyne Bachelot et Rama Yade. 
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Danielle Rouquié) 
 
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