France-Des élus d'Occitanie hostiles à l'accueil de migrants

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    * Le maire de Saint-Gaudens entre en résistance 
    * L'Etat veut relocaliser 1.445 personnes dans la région 
    * Les élus locaux disent leur crainte de "mini-Calais" 
 
    par Johanna Decorse 
    TOULOUSE, 6 octobre (Reuters) - L'accueil de réfugiés et de 
migrants en France continue de diviser les élus locaux, 
notamment en Occitanie où de plus en plus de maires s'opposent 
au plan gouvernemental à l'image du maire de Saint-Gaudens 
(Haute-Garonne), qui a suspendu sa participation au contrat de 
ville. 
    Le ministre de la Ville, Patrick Kanner, se rendra lundi 
dans la commune pour défendre la décision de l'Etat d'y 
installer un centre d'accueil pour les demandeurs d'asile 
(Cada). 
    Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a entériné le 
1er septembre, pour accélérer le démantèlement de la "jungle de 
Calais", un nouveau plan prévoyant la création de 12.000 places 
d'accueil d'ici à la fin de l'année. 
    Le maire (divers gauche) de Saint-Gaudens, Jean-Yves Duclos, 
a annoncé le 5 septembre par courrier au ministère de la Ville 
la suspension de sa participation au contrat de ville, décision 
confirmée en conseil municipal le 12 septembre. 
    Dans la région Occitanie, l'objectif du gouvernement est de 
répartir 1.445 personnes contre 354 aujourd'hui et d'ouvrir donc 
1.091 places. 
    La préfecture de la Haute-Garonne plaide pour "des solutions 
durables" et "une solidarité nationale", mais plusieurs élus de 
la région ne l'entendent pas de cette oreille. 
    Bernard Carayon, maire (Les Républicains) de Lavaur (Tarn), 
fait partie des édiles qui ont signé la pétition "Non au plan 
Cazeneuve de répartition des migrants de Calais dans nos 
régions", lancée par le président par intérim de LR, Laurent 
Wauquiez. 
    Ce dernier, qui préside la région Auvergne-Rhône-Alpes, 
refuse d'accueillir les 1.784 migrants que le gouvernement lui 
destine. 
    Brigitte Barèges, maire LR de Montauban, dénonce pour sa 
part une stratégie qui "veut ventiler autoritairement 12.000 
migrants en créant des mini-Calais" et va "susciter un appel 
d'air supplémentaire".  
    Elle s'oppose ainsi au projet de la préfecture d'ouvrir onze 
places dans des locaux libres de l'Association pour la formation 
professionnelle des adultes (Afpa) à Montauban. 
     
    "REJET DE L'AUTRE" 
    Autre exemple : la ville de Beaucaire, dans le Gard, dirigée 
par le maire Front national Julien Sanchez, a adopté fin 
septembre la charte "Ma commune sans migrant". Cette charte, 
inspirée par Steeve Briois, maire FN de Hénin-Beaumont 
(Pas-de-Calais), vise à "s'opposer par tous les moyens légaux à 
l'installation de centres d'accueil". 
    A Saint-Gaudens, sous-préfecture de 11.200 habitants, le 
projet de Cada est porté par Adoma, l'ancienne Sonacotra chargée 
de construire et gérer des habitats à vocation sociale. Le 
centre est prévu dans un immeuble que l'opérateur national a 
reçu en legs de la fondation Saint-Vincent-de-Paul. 
    La structure, qui compterait 38 places « exclusivement 
destinées à des familles », est située dans le centre-ville, 
quartier prioritaire de la politique de la Ville depuis 2014 où 
le taux de chômage atteint 28,5%. 
    Présenté en juin dernier au conseiller à la Cohésion sociale 
de la commune, le projet a été validé durant l'été par la 
Commission régionale chargée de la labellisation des places de 
Cada. 
    Pour le ministère de la Ville, le maire de Saint-Gaudens 
"prend en otages les habitants et sacrifie la politique de la 
Ville dans sa commune au profit du rejet de l'autre et pour un 
faux prétexte". 
    "Il n'y a aucun lien entre la politique de la Ville et le 
Cada. Ce ne sont pas les mêmes politiques publiques et les 
financements sont totalement indépendants", souligne un 
porte-parole du ministère. 
    Il précise que l'initiative du maire pourrait avoir comme 
« conséquences possibles » la fin des crédits de l'Etat pour la 
politique de la Ville dans la commune, soit 58.000. 
    Jean-Yves Duclos s'insurge contre "un chantage à la 
subvention". 
    "L'implantation de ce Cada () sans aucune concertation ni 
discussion entre en contradiction totale avec la démarche 
d'élaboration du contrat de ville", affirme l'élu en accusant 
l'Etat d'avoir « rompu le partenariat qui fonde les valeurs de 
la politique de la Ville". 
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 
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  • sarestal il y a un mois

    11.000 en + depuis Lundi ! quand on sait qu'il en arrive 100 par jour à Paris... Ce cirque EU-ONG va durer combien de temps, Les émirats ne sont pas plus éloignés de la Libye que Paris....