France-Des économistes contre le choix de Villeroy pour la BDF

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* Ils dénoncent des risques de conflit d'intérêt * Piketty, Aglietta et Bourguignon parmi les signataires * Une préférence pour Benoît Coeuré PARIS, 15 septembre (Reuters) - Plus de 140 économistes et universitaires demandent au Parlement de ne pas approuver le choix de François Villeroy de Galhau comme futur gouverneur de la Banque de France, estimant que ses anciennes fonctions de haut dirigeant de BNP Paribas font peser des risques de conflits d'intérêt. Dans une tribune publiée mardi par Le Monde, ils estiment que l'expérience du candidat désigné par François Hollande lui confère "une excellente expertise du secteur bancaire au moins autant qu'elle l'expose à un grave problème de conflit d'intérêts et met à mal son indépendance". "Il est totalement illusoire d'affirmer qu'on peut avoir servi l'industrie bancaire puis, quelques mois plus tard, en assurer le contrôle avec impartialité et en toute indépendance", ajoutent-ils. Thomas Piketty, Michel Aglietta et François Bourguignon, ancien chef économiste de la Banque mondiale, figurent au nombre des signataires de cette pétition adressée aux parlementaires, appelés à se prononcer fin septembre sur la désignation de François Villeroy de Galhau, pressenti par François Hollande. "Vous, qui allez bientôt vous prononcer sur cette nomination, nous vous demandons de ne pas l'approuver. Nous en appelons à votre responsabilité, à votre engagement à servir le bien public, et à votre sens démocratique". Les commissions des Finances de l'Assemblée nationale et du Sénat ont la possibilité de s'opposer au choix du chef de l'Etat à une majorité des trois cinquièmes. "PRISONNIERS DES INTÉRÊTS FINANCIERS" Après un début de carrière dans les cabinets ministériels, François Villeroy de Galhau avait rejoint BNP Paribas en 2003 et était jusqu'en jusqu'en avril dernier responsable des activités de banque de détail du premier groupe bancaire de la zone euro par la taille de bilan. Il a adressé aux parlementaires une série d'engagements, notamment celui de renoncer à toute rémunération différée de BNP Paribas et de ne participer à aucune décision concernant son ex-employeur pendant deux ans. ID:nL5N11H1V4 Pour les signataires, François Hollande aurait pu désigner Benoît Coeuré, membre français du directoire de la Banque centrale européenne, ou "ouvrir le jeu et recruter bien au-delà du sérail de la haute administration." Benoît Coeuré, un brillant économiste, ancien de la direction du Trésor qui était en lice pour le poste, présente à leurs yeux "les gages d'expertise comme d'indépendance vis-à-vis des pressions politiques et de celles du lobby bancaire". Ils relèvent aussi son "curriculum académique qui, à peu près partout ailleurs qu'en France, aurait constitué un atout pour recruter un banquier central." "A l'expertise indépendante ou à la promotion interne, François Hollande a préféré l'ancien banquier, énarque et inspecteur des finances. Nos gouvernants sont-ils à ce point prisonniers des intérêts financiers qu'ils laissent à la finance le pouvoir de nommer les siens aux fonctions-clés des instances censées la réguler ?", conclut le texte. (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)


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  • M7097610 le mardi 15 sept 2015 à 12:10

    BRAVO