France-Des cortèges contre la "jungle" de Calais

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    * Les habitants de Calais invités à rejoindre les 
manifestants 
    * Le nombre de migrants a presque doublé ces derniers mois 
    * Cazeneuve a promis de démanteler leur campement 
 
 (Avec détails, déclarations, contexte) 
    LILLE, 5 septembre (Reuters) - Deux convois d'une 
quarantaine de camions et tracteurs chacun ont commencé lundi 
matin à converger vers Calais pour bloquer l'autoroute A16 et 
dénoncer les conséquences de la présence du camp de migrants 
installé à proximité de cette ville, a-t-on appris de source 
policière.  
    A l'appel de syndicats de transporteurs routiers, de 
syndicats agricoles et de représentants socio-économiques, des 
commerçants, routiers et agriculteurs se sont regroupés à 
Loon-Plage, à proximité de Dunkerque, et à Boulogne-sur-mer.  
    Les deux cortèges ont pris la route à 8h00 dans le cadre 
d'une "opération escargot" en direction de Calais, où ils 
devaient se rejoindre dans la matinée. 
    La situation s'est tendue dans cette ville portuaire du nord 
de la France, où le nombre des migrants en situation irrégulière 
vivant dans un campement sauvage surnommé "la jungle" a atteint 
6.900 personnes, selon la préfecture du Pas-de-Calais, contre 
4.500 en juin. Selon des associations humanitaires, ils seraient 
en fait plus de 9.000. 
    Les transporteurs se plaignent de subir les assauts de 
migrants, qui dressent des barrages à l'aide de pneumatiques, de 
branchages et de mobilier urbain pour tenter de monter dans les 
camions en partance pour la Grande-Bretagne par le tunnel sous 
la Manche. 
    A l'appel du "Grand Rassemblement pour le Calaisis", les 
habitants sont pour leur part invités à se réunir au stade de 
l'Épopée, à Calais, pour former une chaîne humaine le long de la 
rocade portuaire avant de rejoindre les barrages sur l'A16. 
     
    MAINTENIR LA PRESSION 
    "On est obligé de faire cela, on est obligé de monter le 
ton. Depuis des mois la situation devient de pire en pire", 
explique David Sagnard, transporteur à Calais et président 
départemental de la Fédération Nationale des Transporteurs 
Routiers (FNTR). 
    "Avant, c'était simplement des tentatives pour monter dans 
les camions. Maintenant il y a des saccages, de la casse, les 
bâches sont lacérées, les marchandises pillées ou détruites, ce 
n'est plus acceptable", a-t-il ajouté. 
    Selon lui, les conducteurs routiers travaillent "la peur au 
ventre" et les conséquences économiques sont graves.  
    "Entre les investissements pour la sécurité, le temps passé 
à vérifier, les dégâts, c'est une perte d'exploitation de 
250.000 euros annuels", souligne David Sagnard, qui dit 
s'attendre à une augmentation des primes d'assurance. 
    Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, s'est engagé 
vendredi à démanteler totalement le camp de migrants, sans fixer 
de calendrier.   
    Il a également annoncé l'activation d'un "dispositif 
national de soutien et de solidarité à destination des 
entreprises en difficulté dans le bassin d'emplois de Calais et 
du Calaisis". 
    Le collectif qui réunit des commerçants, des chefs 
d'entreprises, des transporteurs et des agriculteurs a été reçu 
par le ministre mais a décidé de maintenir son action, affirmant 
ne plus pouvoir attendre. 
    "Si la jungle est démantelée dans trois mois, il se passe 
quoi pendant ces trois mois ?" demande ainsi David Sagnard. 
    "Nous devons maintenir la pression, il faut que les 
autorités comprennent", renchérit Frédéric Van Gansbeke, 
porte-parole du collectif. 
 
 (Pierre Savary, édité par Emmanuel Jarry) 
 
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