France-Des chercheurs testent les ultrasons pour traiter des cancers

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    par Mourad Guichard 
    ORLÉANS, Loiret, 16 septembre (Reuters) - Des chercheurs 
français vont expérimenter sur l'homme, à partir de l'année 
prochaine, l'utilisation d'ultrasons pour le diagnostic et le 
traitement du cancer colorectal, une première mondiale.  
    "La qualité de l'image, durant une échographie, se trouve 
limitée par la barrière tumorale", a expliqué à Reuters le 
professeur Ayache Bouakaz, directeur de recherche à l'Institut 
national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). 
    "L'injection de microbulles, de quelques microns de 
diamètre, couplée aux ultrasons permet de rendre cette barrière 
perméable durant l'échographie." 
    La chimiothérapie pourrait, elle aussi, bénéficier de ce 
couplage. 
    "Il y a des médicaments très efficaces, mais qui ne 
franchissent pas non plus cette barrière tumorale", précise 
Ayache Bouakaz. "On pourrait augmenter la dose médicamenteuse, 
mais ce serait au prix d'effets secondaires conséquents." 
    C'est au moment où le médicament atteint son pic 
d'efficacité que les bulles sont stimulées par les ultrasons, 
favorisant ainsi son incorporation. 
    Début 2017, une quinzaine de patients traités pour un cancer 
colorectal auprès du service du professeur Thierry Lecomte du 
Centre hospitalier régional universitaire de Tours, vont 
bénéficier de ce nouveau traitement durant un an. 
    "Nous allons traiter certaines métastases avec 
chimiothérapie, bulles et ultrasons, d'autres avec 
chimiothérapie standard, ceci afin d'évaluer l'efficacité de ces 
essais cliniques", a détaillé Ayache Bouakaz. 
    Les premiers essais ont débuté il y a dix ans sur différents 
types de cellules avant d'être réalisés sur des animaux de 
petite taille. 
    Début 2016, les chercheurs ont obtenu des financements de 
l'Institut national du cancer et de la Direction générale de 
l'offre de soins du Ministère de la Santé. 
    La présentation du projet d'essais sur l'homme doit avoir 
lieu dimanche à l'occasion de l'International ultrasonics 
symposium qui se tiendra à Tours (Indre-et-Loire). 
    Si ces essais s'avèrent concluants, la technique pourrait 
être utilisée dans les cliniques et hôpitaux dès 2022, un délai 
bien inférieur à la mise sur le marché d'un médicament. 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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