France-Des agriculteurs opposés à ND-des-Landes évacués

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 (Actualisé avec évacuation) 
    NANTES, Loire-Atlantique, 10 janvier (Reuters) - Sous la 
pression des forces de l'ordre, les agriculteurs ont évacué 
samedi le pont de Cheviré à Nantes, qu'ils avaient occupé pour 
protester contre toute expulsion du site du projet d'aéroport de 
Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). 
    La police utilise a utilisé des canons à eau et des gaz 
lacrymogènes pour accélérer le départ des plus récalcitrants. 
    "La garantie donnée par les organisateurs de quitter le 
périphérique en fin d'après-midi n'a pas été respectée", a dit 
la préfecture de la Loire-Atlantique dans un communiqué, pour 
justifier l'évacuation du pont de Cheviré. 
    Dans la journée, des milliers de personnes avaient manifesté 
samedi, avec plusieurs centaines de tracteurs, sur le boulevard 
périphérique de Nantes 
    Un collectif d'organisations professionnelles agricoles 
opposées au projet d'aéroport avait déclaré en milieu 
d'après-midi que des tracteurs resteraient sur le pont de 
Cheviré, l'un des deux ponts du périphérique enjambant la Loire, 
jusqu'à ce que le chef de l'Etat, François Hollande, leur 
apporte des garanties quand à la suspension de ces expulsions. 
    C'est un axe stratégique pour la circulation dans l'Ouest de 
la France. Près de 100.000 voitures l'empruntent chaque jour. 
    Aéroports du Grand Ouest (AGO), filiale du groupe Vinci 
concessionnaire du projet d'aéroport, entend réclamer mercredi 
au tribunal de grande instance de Nantes l'expulsion de paysans 
installés sur cette "zone d'aménagement différé" (ZAD). 
    Cette audience devait se tenir entre les deux tours des 
élections régionales de décembre mais a été ajournée après la 
conclusion d'un accord entre le Parti socialiste et Europe 
Ecologie-Les Verts (EELV) sur la réalisation d'une "étude 
indépendante" sur l'optimisation de l'actuel aéroport de Nantes. 
    La défaite du vice-président PS sortant Christophe Clergeau, 
battu par Bruno Retailleau (Les Républicains), a rendu caduc cet 
accord. Les opposants au projet réclament aujourd'hui au chef de 
l'Etat, François Hollande, une table ronde et la réalisation de 
cette même "étude indépendante".  
    "A partir de là, l'abandon de Notre-Dame-des-Landes coulera 
de source", estime Julien Durand, une figure du mouvement. 
    La demande d'expulsion des paysans fait suite au rejet, en 
juillet 2015, des recours environnementaux des opposants au 
projet d'aéroport.  
    Ceux-ci estiment toutefois qu'une expulsion serait contraire 
aux engagements du gouvernement, qui a subordonné selon eux en 
2014 la construction de l'aéroport à l'extinction des recours en 
justice, y compris ceux en appel et les pourvois en cassation. 
    Quelque 7.200 marcheurs, 1.600 cyclistes et 350 tracteurs, 
selon la police, 20.000 manifestants et 400 tracteurs selon les 
organisateurs, ont défilé samedi sur le périphérique de Nantes 
pour s'y opposer 
    Les organisateurs ont dit avoir voulu "préserver de toute 
tentation" les opposants les plus radicaux au projet. Lors des 
deux précédentes, dans le centre-ville de Nantes, des casseurs 
avaient commis d'importantes dégradations. 
 
 (Guillaume Frouin, édité par Benoît Van Overstraeten) 
 
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