France-Démantèlement de la "jungle" de Calais dans un climat tendu

le , mis à jour à 15:32
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    * Jets de pierre et de gaz lacrymogène 
    * Face-à-face entre migrants et militants et policiers 
 
 (Actualisé avec nouveaux développements) 
    CALAIS, 29 février (Reuters) - Le démantèlement d'une partie 
du bidonville de Calais, où se concentrent des milliers de 
migrants dans l'espoir de passer au Royaume-Uni, a débuté lundi 
dans un climat tendu, a constaté Reuters. 
    En milieu de journée, ce démantèlement a donné lieu à des 
jets de pierres de la part de migrants et de militants et de gaz 
lacrymogènes de la part des CRS en guise de riposte et trois 
abris de fortune ont été incendiés. 
    Environ 150 à 200 personnes, migrants et militants 
confondus, faisaient face aux forces de police, déployées en 
nombre dans la matinée, selon un journaliste de Reuters présent 
sur place. 
    La préfecture du Pas-de-Calais a confirmé avoir mis en place 
"un dispositif de protection des forces de sécurité pour 
permettre à la société qui procède au retrait des tentes et 
abris inoccupés d'effectuer son travail". 
    Lundi matin, une vingtaine d'ouvriers encadrés de policiers 
sont arrivés au niveau de "La Lande", le bidonville situé le 
long de la rocade portuaire de Calais. Environ 3.000 migrants y 
séjourneraient encore.  
    Ils ont débuté le nettoyage de la partie sud de la 
zone, vouée par la préfecture à être rasée, sauf pour ce qui 
concerne les espaces publics comme les écoles, conformément à 
une décision de justice prise la semaine dernière.   
    Les forces de l'ordre ont procédé à l'arrestation d'une 
personne qui voulait s'y opposer. 
     
    "COUP DE FORCE" 
    Les opérations de démantèlement devraient durer toute la 
journée sans que l'on sache quelle partie précise de la zone 
sera concernée. 
    "Je ne suis pas surpris par le coup de force de la préfète, 
c'est une opération précipitée, mais ce qui est étonnant c'est 
qu'ils détruisent les cabanes alors que l'offre en conteneurs 
(qui permettent d'abriter les migrants sur place) est réduite à 
100 places", a déclaré à Reuters François Guennoc, secrétaire de 
l'Auberge des migrants. 
    "Cette opération fait relativiser les propos apaisants du 
ministre et de la préfète. Les migrants vont s'enfuir dans les 
bois, et la police va devoir les déloger là ils vont se cacher." 
     La préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio a justifié dans 
son communiqué l'importance du dispositif policier par "la 
présence de nombreux activistes extrémistes qui ont intimidé les 
migrants pour qu'ils n'acceptent pas les propositions 
d'hébergement" et qui auraient empêché plusieurs migrants de 
monter dans un bus à destination d'un centre d'accueil. 
    Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait promis la 
semaine dernière que le démantèlement de la partie sud de la 
jungle se ferait progressivement, sans "brutalité". 
    Les associations opposées à l'évacuation ont introduit un 
recours devant le Conseil d'Etat contre la décision du tribunal 
administratif de Lille autorisant le démantèlement, a indiqué un 
porte-parole de l'Auberge des Migrants. 
 
 (Pascal Rossignol, avec Pierre Savary, édité par Simon Carraud) 
 
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