France-Défiance sur la stratégie anti-terrorisme du gouvernement

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    PARIS, 18 juillet (Reuters) - Seulement 33% des Français 
font confiance au gouvernement en matière de lutte contre le 
terrorisme, selon un sondage Ifop pour Le Figaro réalisé dans le 
sillage de l'attentat meurtrier de Nice et publié lundi. 
    Un niveau de défiance inédit à l'égard des autorités : selon 
les enquêtes réalisées après les attaques contre Charlie Hebdo 
et un supermarché casher en janvier 2015 et les attentats du 13 
novembre à Paris et Saint-Denis, la moitié des Français disaient 
alors faire confiance au gouvernement face au terrorisme.  
    La confiance à l'égard de la police, de la gendarmerie et 
des services de renseignements reste en revanche élevée, à 84% 
(contre 87% dans les enquêtes de janvier et novembre 2015).      
    Pour les personnes interrogées, l'action du gouvernement est 
insuffisante à la fois sur le plan judiciaire et sur les moyens 
consacrés à la lutte contre le terrorisme. 
    Elles reprochent au gouvernement de ne pas en faire assez 
concernant "les peines prononcées par la justice contre les 
membres des réseaux et cellules terroristes" (à 88%).  
    Mais aussi en termes de "moyens juridiques" accordés à la 
police, à la gendarmerie et aux services de renseignement pour 
surveiller et interpeller les individus suspectés d'activités 
terroristes (à 77%). 
    Les sondés reproche enfin au gouvernement de ne pas en faire 
assez sur le plan des "effectifs de policiers, de gendarmes, de 
militaires et des services de renseignement affectés à la lutte 
contre les réseaux terroristes" (à 69%).  
    Contrairement aux attentats de janvier et novembre 2015, 
l'opposition de droite a mis en cause la responsabilité du 
gouvernement immédiatement après l'attaque commise par Mohamed 
Lahouaiej Bouhlel, un Tunisien de 31 ans habitant à Nice, 
inconnu jusqu'ici des services de renseignement.  
    Ces accusations ont une nouvelle fois été dénoncées par 
François Hollande lors du conseil de défense organisé lundi 
matin. Selon le ministre de l'Intérieur, le chef de l'Etat a 
rappelé lors de cette réunion "l'obligation de recueillement, de 
rassemblement du pays mais aussi, pour ceux qui ont une parole 
publique, l'obligation de dignité et de vérité."   
    Interrogé quelques heures plus tôt sur RTL, Bernard 
Cazeneuve avait mis les déclarations de l'opposition sur le 
compte des échéances électorales à venir en 2017. 
    La lutte antiterroriste impose "la plus grande rigueur", 
"qu'on ne cède pas à la pente de la politique politicienne et 
que l'on n'obère pas l'essentiel c'est-à-dire la capacité du 
pays à être dans la résilience, sous prétexte qu'il y a des 
échéances électorales pour lesquelles on concourt", a-t-il dit.  
    
    L'enquête a été réalisée auprès d'un échantillon de 1.000 
personnes les 15 et 16 juillet, juste après l'attaque commise 
par Mohamed Lahouaiej Bouhlel au volant d'un camion sur la 
Promenade des Anglais à l'occasion des festivités du 14-Juillet, 
qui a fait 84 morts et plus de 300 blessés. 
 
 (Myriam Rivet, édité par Emmanuel Jarry) 
 
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