France-Décès d'Henry Hermand, mentor d'Emmanuel Macron

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    PARIS, 6 novembre (Reuters) - L'ex-ministre de l'Economie 
Emmanuel Macron a perdu ce week-end un de ses mentors, l'homme 
d'affaires Henry Hermand, mort samedi soir à 92 ans, qui l'a 
encouragé à se détacher de François Hollande pour se lancer en 
politique dans la perspective de l'élection présidentielle de 
2017. 
    "Je perds un ami proche, ainsi qu'un compagnon de pensée et 
d'action exigeant", a déclaré dimanche dans un communiqué le 
fondateur et dirigeant du mouvement "En Marche !" 
    "Il a accompagné avec une grande ferveur les premiers pas 
d''En Marche !' et c'est tout le mouvement qui aujourd'hui est 
en deuil", poursuit Emmanuel Macron. "Sa disparition doit nous 
donner plus de force et d'obligations." 
    Henry Hermand, physicien de formation, homme de gauche et 
résistant, a exercé des responsabilités syndicales de 1948 à 
1952 au Commissariat à l'énergie atomique avant de devenir un 
pionnier de la grande distribution et un entrepreneur de presse. 
    Il a soutenu Pierre Mendès France et Michel Rocard, deux 
figures tutélaires de la gauche non-communiste française, puis, 
en 2012, l'actuel chef de l'Etat, François Hollande. 
    Il avait trouvé en Emmanuel Macron un nouveau poulain, à qui 
il a fait notamment passer des notes. 
    Il revendiquait le fait d'avoir convaincu l'ex-ministre de 
l'Economie d'abandonner l'idée de "social-libéralisme" ou de 
"social-réformisme" au profit de la notion de progressisme. 
    "J'incite toutes mes relations d'affaires à immédiatement 
aider Emmanuel Macron. Je m'inspire de la campagne d'Obama, 
basée sur des petits porteurs", déclarait-il dans une interview 
publiée le 19 septembre dernier par Le Figaro.  
    Emmanuel Macron "apparaît aujourd'hui comme un recours. 
L'une de ses qualités et de s'ouvrir au monde, de comprendre ce 
qu'il se passe", ajoutait-il.  
    Henry Hermand n'était cependant pas toujours tendre pour son 
protégé, dont il n'appréciait pas toutes les initiatives, comme 
son rapprochement avec l'ancien ministre Jean-Pierre 
Chevènement, selon lui "le pire ennemi de Rocard". 
    "Emmanuel (...) a besoin d'être recadré sur des 
connaissances historiques", ajoutait-il dans la même interview.  
    Il estimait également que les "couvertures" d'Emmanuel 
Macron et de son épouse Brigitte dans Paris Match étaient "une 
erreur" et que l'ex-ministre de l'Economie perdait "parfois son 
temps" dans son désir de "serrer toutes les mains, même des 
personnes qui ne sont pas d'accord avec lui". 
    "Avec sa femme, on lui demande d'arrêter. On veut freiner 
ses tentatives de trop convaincre", ajoutait-il. 
    Il n'est pas sûr que, sur ce chapitre, il ait réussi à 
convaincre Emmanuel Macron, à en juger par les journées passées 
ces derniers mois sur les routes par l'ex-ministre de l'Economie 
à la rencontre des Français. 
 
 (Emmanuel Jarry) 
 
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