France-Début du démantèlement de la "jungle" de Calais

le , mis à jour à 19:57
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 (Actualisé avec communiqué ministériel, nouveau bilan) 
    CALAIS, Pas-de-Calais, 25 octobre (Reuters) - L'opération de 
démantèlement de la "jungle" de Calais a débuté mardi 
après-midi, parallèlement à la poursuite de l'évacuation des 
migrants qui a permis en deux jours de diriger la moitié des 
occupants du bidonville vers des centres d'accueil. 
    La préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, a donné le 
coup d'envoi du démantèlement entourée de quelque 200 membres 
des forces de l'ordre présentes pour protéger la trentaine de 
personnes chargées de vérifier si les tentes étaient vides. 
    "Les migrants savent depuis longtemps que le démantèlement 
va avoir lieu", a-t-elle dit. "Nous faisons en sorte d'être en 
situation que cela se fasse le mieux possible." 
    Deux bulldozers et une vingtaine d'ouvriers armés de 
marteaux sont ensuite entrés en action pour démanteler les abris 
de fortune jouxtant la zone de la jungle en "dur", où les 
mineurs sont pour l'instant cantonnés. 
    Les ministres de l'Intérieur et du Logement, Bernard 
Cazeneuve et Emmanuelle Cosse, ont indiqué dans un communiqué 
commun que 1.636 migrants avaient été "mis à l'abri" ce mardi, 
soit un total de 4.014 personnes depuis le début de l'évacuation 
du camp. 
    Ils ont été soit dirigés, pour les majeurs, vers des centres 
d'accueil et d'orientation (CAO) partout en France, soit 
installés, pour les mineurs, dans le centre en dur de Calais. 
    Le nombre de volontaires pour le départ semblait se tarir 
mardi puisqu'il n'y avait plus de files d'attente de migrants 
devant le hangar à partir duquel ils sont répartis vers les CAO, 
mais seulement des petits groupes isolés. 
    "On sait que la 'jungle', c'est fini", a déclaré Aarash, un 
Afghan âgé de 21 ans en se dirigeant vers le hangar à partir 
duquel les migrants sont orientés. 
    "On va voir si on peut prendre un bus aujourd'hui mais on 
veut aller dans une bonne ville, par exemple près de Paris. Si 
on ne peut pas, on retournera dans la 'jungle'." 
    Certains travailleurs humanitaires craignent que de nombreux 
migrants, déterminés à rejoindre la Grande-Bretagne ou déçus par 
le processus, décident à l'avenir de retourner à Calais.     
    Au total, 7.500 places ont été réservées dans les 450 CAO 
français pour les migrants.       
    Pour ce qui est des mineurs isolés, au nombre de 1.300 à 
Calais environ avant le début du démantèlement, Bernard 
Cazeneuve avait assuré que le Royaume-Uni accueillerait tous 
ceux "dont les attaches familiales en Grande-Bretagne sont 
établies". 
    "Près de 1.000 mineurs isolés sont en sécurité", peut-on 
lire dans le communiqué ministériel publié mardi soir. "Par 
ailleurs, 217 mineurs présents à Calais et dont les liens 
familiaux en Grande-Bretagne ont pu être établis ont rejoint le 
Royaume-Uni depuis le 17 octobre dernier."  
    Depuis les accords d'Amiens signés en mars dernier, "ce sont 
donc 300 mineurs isolés qui ont été pris en charge 
outre-Manche", ajoute-t-on.   
     
 
 (Matthias Blamont, avec Pierre Savary à Lille, édité par 
Elizabeth Pineau) 
 
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