France-Début de négociation houleux sur l'assurance chômage

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    * Le gouvernement vise 800 millions d'euros d'économies 
    * Les syndicats refusent d'entrer dans ce débat 
    * Le patronat fait du retour à l'emploi une priorité 
    * Le projet de loi sur le travail pèse sur la négociation 
    * Le patronat divisé sur la représentativité de ses 
organisations 
 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 22 février (Reuters) - Patronat et syndicats ont 
entamé lundi dans un climat tendu des négociations sur le 
renouvellement de la convention de l'assurance chômage, en 
pleine polémique sur la réforme du marché du travail concoctée 
par le gouvernement. 
    Le gouvernement attend de cette négociation de nouvelles 
règles permettant d'atteindre au moins 800 millions d'euros 
d'économies sur les dépenses d'assurance chômage prévues dans le 
cadre de la loi de finances 2016.    
    Avec un taux de chômage à plus de 10% de la population 
active, l'Unedic prévoit un déficit de 3,6 milliards d'euros en 
2016, après 4,4 milliards en 2015. 
    Cet organisme gérée par les partenaires sociaux verrait 
ainsi son endettement bondir à plus de 29 milliards d'euros fin 
2016 et, si rien n'est fait, à 35 milliards en 2018. 
    Mais les syndicats sont unanimes à refuser de faire de la 
recherche d'économies le point de départ de ces négociations, 
qui doivent aboutir d'ici le 30 juin, date à laquelle l'actuelle 
convention arrive à échéance. 
    Ils rejettent ainsi toute idée de rétablir une dégressivité 
des allocations chômage, évoquée à plusieurs reprises ces 
dernières semaines par des membres du gouvernement, dont le 
ministre des Finances, Michel Sapin.   
    "Nous n'entendons pas céder à la pression", a déclaré à son 
arrivée au siège du Medef le négociateur de la CGT, Eric Aubin. 
    "On n'entre pas dans cette négociation avec l'objectif de 
faire des économies", a renchéri son homologue de la CFDT, 
Véronique Descacq. L'objectif est "de sécuriser les droits pour 
les plus précaires (...) de faire changer le comportement des 
entreprises sur l'utilisation abusive des contrats courts et des 
ruptures de contrat de travail des seniors". 
    Des objectifs partagés par les autres syndicats, notamment 
en ce qui concerne l'usage abusif des contrats courts alternés 
avec des périodes de chômage indemnisé.   
     
    L'UPA QUITTE LA TABLE 
    Les négociateurs de Force ouvrière et de la CGT jugent 
également possible de trouver des recettes complémentaires, 
notamment en déplafonnant les cotisations. 
    "Un joueur de football du Paris Saint-Germain qui gagne un 
million d'euros par mois cotise sur 12.300 euros. Un smicard 
cotise sur 100% de son salaire", souligne Stéphane Lardy, de FO. 
    "On demande qu'il y ait un déplafonnement de la cotisation 
pour que tout le monde cotise sur 100% de son salaire. Ça 
rapporterait 800 millions d'euros à l'assurance chômage."  
    Du côté patronal, où l'on rejette d'avance toute idée de 
revalorisation des cotisations, le mot d'ordre est plutôt de 
trouver le moyen d'inciter à la reprise de l'emploi. 
    "La priorité des priorités pour tout le monde doit être 
d'aider le plus grand nombre possible de chômeurs à retrouver le 
plus rapidement possible un emploi", a déclaré le négociateur du 
Medef, Jean Cerutti, qui s'est dit convaincu que cela 
permettrait d'améliorer l'équilibre financier du système. 
    Cette négociation s'est ouverte sur fond de polémique sur le 
projet de loi sur la réforme du Code du travail dévoilé la 
semaine dernière, unanimement décrié par les syndicats et 
critiqué par une partie de la gauche, y compris au PS. 
    "Il est clair que c'est un élément de contexte qui ne 
facilite pas la négociation", a dit Stéphane Lardy. "J'espère 
qu'on n'a pas de petits arrangements entre amis entre le 
gouvernement et le Medef pour assouplir les règles du Code du 
travail en échange d'une négociation sur l'assurance chômage." 
    La CGT a convié neuf syndicats à se réunir mardi pour 
étudier des "initiatives communes" en riposte au projet de loi 
de la ministre du Travail, Myriam El Khomri.   
    Mais le Premier ministre Manuel Valls a estimé lundi lors 
d'un déplacement dans l'Est que l'on racontait des "bêtises" sur 
cette réforme "du XXIe siècle" sur laquelle le gouvernement, 
a-t-il dit, prendra ses responsabilités en cas de blocage. 
    Medef et CGPME doivent pour leur part gérer un conflit 
interne au patronat : la délégation de l'UPA, opposée à ces deux 
organisations sur la représentativité patronale, a quitté la 
salle dix minutes après le début de la réunion.   
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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  • ANOSRA il y a 10 mois

    Faire financer les intermittents par le ministère de la culture et faire participer les fonctionnaires à l'assurance chômage au titre de la solidarité et l'UNEDIC sera en positif !