France-Dans le Sud, Sarkozy axe son discours sur l'immigration

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    par Matthias Galante 
    MANDELIEU-LA-NAPOULE, Alpes-Maritimes, 16 septembre 
(Reuters) - N icolas Sarkozy a prononcé vendredi soir à 
Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes) un discours marqué à 
droite, fidèle en cela à la tonalité générale de sa campagne 
pour la primaire de novembre, durant lequel il a estimé que la 
France ne pouvait pas accepter des coutumes contraires à son 
"mode de vie". 
    Dans un département où son parti, les Républicains, est bien 
implanté et où le Front national réalise traditionnellement de 
bons scores, l'ex-président a longuement abordé les sujets 
relatifs à l'identité et à l'immigration.  
    Il s'est à nouveau défini, lors de cette réunion publique, 
comme candidat à la primaire de la droite et du centre, "pas à 
la primaire de la droite, du centre et de la gauche", et s'est 
efforcé d'en offrir des illustrations.  
    "Si on veut tant porter un burkini sur les plages, il y a 
des pays où c'est possible, pourquoi venir en France ?", a-t-il 
lancé devant plus de 2.000 personnes, pour la plupart acquises à 
sa cause. 
     "Si certains sont attachés à l'inégalité entre les hommes 
et femmes, il y a des pays où les femmes n'ont pas le droit de 
conduire", a ajouté le candidat à l'investiture présidentielle.  
    "Nous ne voulons pas sur notre territoire de gens qui nous 
trouvent impurs, que de serrer la main d'une femme c'est céder à 
la tentation. Nous ne les obligerons pas à rester." 
    Dans une région marquée par une forte pression migratoire à 
la frontière italienne, l'ancien chef de l'Etat a également 
déploré une "pagaille régnant matin, midi et soir", reprenant là 
une figure habituelle de ses discours. 
     
    "NOUS NE POUVONS PAS ÊTRE SUBMERGÉS" 
    Nicolas Sarkozy a pris pour exemple les trains de nuit entre 
Milan et la France où, selon lui, des réfugiés se cachent avec 
l'aide de passeurs.  
    "Un million de migrants vont venir de l'Italie (...) . 
L'impuissance de la France est patente. Le nombre des expulsions 
a baissé de 20% sur les six premiers mois de l'année alors que 
leur nombre augmente", a-t-il affirmé, avant de dénoncer les 
accords européens régissant la circulation au sein de l'Union. 
    "Tant qu'un Schengen 2 ne sera pas adopté, je suspendrai le 
regroupement familial", a-t-il affirmé. 
    Le prédécesseur de François Hollande souhaite également que 
les étrangers appelés à rester en France "perpétuent leurs 
habitudes dans la discrétion" avant d'être "assimilés" et non 
"intégrés", un "thème très important de l'alternance" selon lui. 
    Nicolas Sarkozy, qui s'est prononcé contre la répartition 
des migrants venus de Calais (Pas-de-Calais) sur l'ensemble du 
territoire français, a en revanche balayé l'argument d'une 
France qui se refermerait sur elle-même.     
    "Nous devons prendre notre part de solidarité", a-t-il dit. 
"Mais nous ne pouvons pas être submergés car ça conduirait à un 
affrontement entre communautés." 
    Entré officiellement en campagne le mois dernier, Nicolas 
Sarkozy fait désormais jeu égal au premier tour avec le favori, 
Alain Juppé, mais accuse encore quatre points de retard au 
second, selon un sondage Harris Interactive paru jeudi. 
  
    La primaire de droite est prévue les 20 et 27 novembre. 
 
 (Edité par Simon Carraud) 
 
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