France-Dans le Nord, les migrants mineurs exploités-Unicef

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    par Magdalena Mis 
    LONDRES, 16 juin (Fondation Thomson Reuters) - Les enfants 
et adolescents migrants qui attendent de traverser la Manche 
dans le nord de la France sont forcés de se livrer au crime et à 
la prostitution s'ils veulent s'assurer une place dans les camps 
de réfugiés ou la promesse d'un passage vers le Royaume-Uni, 
rapporte jeudi l'Unicef. 
    Le Fonds des Nations unies pour l'enfance explique que 
l'exploitation sexuelle, la violence et le travail forcé sont 
une menace constante pour les enfants voyageant seuls et exhorte 
les autorités françaises à faire davantage pour leur protection. 
    "Nous savons qu'il s'agit d'un problème de longue date, 
depuis une dizaine d'années, mais c'est devenu bien plus extrême 
et sévère l'année dernière avec le développement de la crise 
mondiale des réfugiés", commente Melanie Teff, responsable au 
sein de la branche britannique de l'organisation. 
    "Nous avons entendu l'histoire de jeunes filles demandant 
cinq euros pour être sexuellement exploitées afin de pouvoir 
entrer dans le camp, ou pour commencer à payer leur passage vers 
le Royaume-Uni", a-t-elle dit à la Fondation Thomson Reuters.  
    Sur les quelque 206.200 personnes arrivées en Europe par la 
mer cette année (chiffres arrêtés au 4 juin), un tiers sont des 
enfants, selon des chiffres cités mardi par l'Unicef. 
    De nombreux enfants et adolescents aboutissent dans des 
camps de réfugiés ou des zones de regroupement officieux, comme 
le bidonville de Calais surnommé la "jungle". 
    Cinq cents mineurs non accompagnés vivent dans sept camps de 
la côte des départements du Nord et du Pas-de-Calais, notamment 
à Dunkerque et Calais, estime l'Unicef, qui ajoute que 2.000 
enfants y sont passés en un an. 
    Plusieurs enfants ont dit à l'agence onusienne avoir été 
détenus par divers groupes criminels qui ont réclamé des rançons 
à leurs familles, tandis que d'autres ont raconté avoir été 
contraints de travailler dans des conditions proches de 
l'esclavage pour payer leur traversée.  
    Face à des passeurs qui demandent entre 5.000 euros et 7.000 
euros pour traverser la Manche, certains enfants cherchent des 
alternatives pour faire la traversée, et tentent par exemple de 
grimper à bord de camions frigorifiques. 
    "Il n'y aucune scolarité de fournie et la plupart des nuits 
les enfants errent des heures et essaient de monter dans des 
camions", a dit Melanie Teff. 
    En moyenne, les enfants restent cinq mois dans les camps du 
nord de la France avant de partir, même si dans certains des cas 
le séjour s'éternise jusqu'à plus d'un an. 
    Soixante enfants et adolescents entre 11 et 17 ans, venus 
d'Afghanistan, d'Egypte, d'Érythrée, d'Ethiopie, d'Iran, du 
Koweït, de Syrie et du Vietnam ont été interviewés dans les 
campements qui bordent la Manche entre janvier et avril 2016 par 
l'Unicef. 
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par Danielle 
Rouquié) 
 
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