France-Daech dispose d'une "usine du faux document"-Cazeneuve

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    PARIS, 2 juin (Reuters) - Le groupe Etat islamique a 
récupéré des milliers de passeports vierges et il n'est pas 
exclu que d'autres djihadistes rejoignent l'Europe en les 
utilisant, comme l'ont fait certains assaillants du 13 novembre, 
a déclaré jeudi Bernard Cazeneuve.  
    Deux des Français qui figurent parmi les kamikazes, Samy 
Amimour et Omar Mostefaï, sont revenus en Europe "en utilisant 
vraisemblablement des faux papiers, et en franchissant plusieurs 
frontières", a rappelé le ministre de l'Intérieur.  
    "Daech a récupéré des milliers de passeports vierges en Irak 
et en Syrie, s'est doté d'une véritable usine du faux document", 
a-t-il déclaré devant la commission d'enquête parlementaire sur 
la lutte contre le terrorisme. 
    "Il n'est pas exclu, puisque cela s'est déjà produit, que 
d'autres commandos puissent entrer sur le territoire de l'Union 
européenne munis de faux documents pour nous frapper", a-t-il 
ajouté, soulignant la détermination de la France à faire adopter 
de nouvelles mesures au niveau européen pour éviter cela.  
    Bernard Cazeneuve a souligné la complexité du parcours des 
auteurs des attentats qui ont fait 130 morts le 13 novembre 
2015, et mis en cause l'absence de coordination européenne.  
    "Il est (...) pour le moins réducteur d'imputer aux services 
de sécurité intérieurs français, et à eux seuls, un défaut de 
vigilance ou de clairvoyance", a-t-il jugé, rappelant qu'aucun 
des pays traversés par les djihadistes ne les a "signalés".  
    "À bien des égards, c'est l'absence d'un système d'alerte 
européen et d'une coordination efficace des services européens 
(...) qui a été mise en évidence en novembre dernier."  
     
    UN PROBLÈME DANS LE SUIVI DES MIS EN EXAMEN 
    Bernard Cazeneuve a toutefois reconnu l'existence d'un 
problème dans le suivi, en France, des personnes mises en examen 
pour des faits dits "terroristes". La loi prévoit que la prise 
en charge judiciaire d'un suspect met un terme à son suivi 
administratif.  
    Un "paradoxe" qui fera l'objet de propositions de la 
commission d'enquête parlementaire dont il est le rapporteur, a 
fait savoir le député socialiste Sébastien Pietrasanta.  
    "Effectivement, lorsqu'il y a des individus qui représentent 
un risque terroriste et qui sont sous contrôle judiciaire, nous 
ne sommes plus armés pour assurer le suivi que nous devrions 
pouvoir mobiliser, c'est incontestable", a dit Bernard 
Cazeneuve.  
    "Mais aucun service ne peut faire autre chose que 
d'appliquer la législation en vigueur", a-t-il ajouté, laissant 
entendre qu'un changement de cet état de fait pourrait 
nécessiter une modification constitutionnelle.  
    Samy Amimour, l'un des trois assaillants du Bataclan, a été 
mis en examen en octobre 2012 et placé sous contrôle judiciaire 
avant d'échapper aux enquêteurs et de rejoindre la Syrie. 
 ID:nL8N13C270  
    Mercredi soir, le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas 
a estimé devant cette commission que la question d'un 
renforcement des modalités du contrôle judiciaire en matière 
terroriste était légitime. "Ce n'est pas une question de 
volonté, ni d'intention, ni même de droit", a-t-il dit. "C'est 
la question des moyens." 
    Quinze attentats ont été déjoués en France depuis 2013, dont 
7 depuis janvier 2015, d'après Bernard Cazeneuve, qui a rappelé 
que le niveau de menace restait "extrêmement élevé". 
 
 (Chine Labbé, édité par Yves Clarisse) 
 
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