France-Critiques contre "Nuit debout" après l'éviction de Finkielkraut

le
1
    * L'académicien "chassé" samedi soir de la place de la 
République 
    * A droite et à gauche, des élus prennent sa défense 
    * Najat Vallaud-Belkacem s'inquiète de la suite 
    * "Nuit debout, République couchée", dénonce Eric Ciotti 
 
    PARIS, 17 avril (Reuters) - Plusieurs responsables 
politiques, à gauche comme à droite, ont pris dimanche la 
défense du philosophe Alain Finkielkraut, qualifié de 
"néo-réactionnaire" par ses détracteurs, après qu'il eut été 
insulté lors du rassemblement "Nuit debout" à Paris. 
    Des élus de droite réclament une action résolue des pouvoirs 
publics contre ce mouvement lancé le 31 mars à Paris et marqué 
par des débordements. 
    Des vidéos amateurs diffusées sur les réseaux sociaux 
montrent Alain Finkielkraut et son épouse, venus assister à 
"l'Assemblée populaire" place de la République, éconduits par 
des militants qui les insultent en criant notamment "fachos". 
    L'académicien a quitté les lieux en insultant à son tour des 
manifestants. 
    Interrogé par le "Cercle des volontaires", qui se présente 
sur internet comme un média "alternatif et indépendant", 
l'auteur de "L'identité malheureuse" affirme qu'"on a voulu 
purifier la place de la République de [s[a présence". 
    "J'ai été expulsé d'un mouvement, d'une place où doivent 
régner la démocratie et le pluralisme. Donc cette démocratie 
c'est du bobard, ce pluralisme c'est un mensonge", a-t-il 
notamment déclaré. 
    La ministre de l'Education nationale, Najat 
Vallaud-Belkacem, a invité les organisateurs de "Nuit debout" à 
s'interroger sur les suites du mouvement et ses fondements. 
    "J'estime que la place de la République doit être accessible 
à tout un chacun", a-t-elle dit sur BFM TV. "Il ne faudrait pas 
que l'emportent les anti-démocratiques." 
    La ministre s'est inquiétée de possibles dérives après les 
débordements et violences survenus à plusieurs reprises en marge 
du rassemblement.   
    Le socialiste Julien Dray, proche de François Hollande, a 
regretté lui aussi l'incident sur iTELE, soulignant que "le 
principe de la démocratie, c'est de respecter les opinions des 
autres, d'en débattre et surtout de les combattre". 
    "Et on ne les combat pas avec des slogans, surtout quand 
c'est des slogans faciles. On les combat avec du fond", a dit le 
conseiller régional d'Ile-de-France. 
     
    "MINABLE" 
    "Mes désaccords avec Finkielkraut sont nombreux et parfois 
immenses mais je méprise ceux qui l'ont expulsé d'une place 
publique pour ses idées", écrit pour sa part Jérôme Guedj, 
membre du bureau national du PS, sur Twitter. 
    A droite, les témoignages de soutien à Alain Finkielkraut se 
multiplient. 
    "Le vrai visage de #NuitDebout, réinventer la démocratie en 
expulsant ceux qui ne pensent pas comme vous: minable", dénonce 
par exemple le président du Sénat, Gérard Larcher (Les 
Républicains), sur Twitter. 
    "Nuit debout, République couchée", estime pour sa part le 
député LR des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, sur son blog. 
    L'élu reproche "l'inaction et l'impuissance publique" face 
"à une extrême gauche minoritaire qui s'érige en représentant du 
peuple tout en étant hermétique aux vrais problèmes des 
Français." 
    "Hier soir, en accueillant et offrant une tribune à l'ancien 
ministre grec (des Finances) Yanis Varoufakis et en insultant et 
expulsant avec perte et fracas (...) Alain Finkielkraut, les 
participants au mouvement Nuit Debout montraient leur vrai 
visage. Celui de la haine et de l'intolérance." 
    Les Jeunes communistes se sont félicités sur Twitter d'avoir 
"tej" ("jeté") l'académicien. 
    La députée LR Nathalie Kosciusko-Morizet, l'une des rares à 
droite à cautionner le mouvement "Nuit Debout", dit "non" sur 
Twitter à "l'exclusion des idées". "Le sectarisme est une autre 
forme de pensée unique", écrit-elle. 
    La députée du Vaucluse (Front national), Marion Maréchal-Le 
Pen, a dénoncé au "Grand Jury" RTL-LCI-Le Figaro "un mouvement 
qui ne représente rien ni personne", des "jeunes, lycéens, 
étudiants qui se font plaisir" et "qui crachent sur Alain 
Finkielkraut". 
    Une quarantaine de militants de "Nuit debout" ont également 
chahuté samedi soir le président du Medef, Pierre Gattaz, lors 
de l'émission "On n'est pas couchés" sur France 2. Le mouvement 
dénonce l'attitude du service de sécurité de la chaîne publique 
qui les a expulsés. 
    Interrogé jeudi dernier sur France 2 sur ce mouvement 
citoyen, François Hollande avait jugé "légitime" que la jeunesse 
"veuille s'exprimer, veuille dire son mot". 
 
 (Sophie Louet) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • fdha il y a 8 mois

    cruelle realité de l'ère Hollande in fine...ce sera ,historiquement un témoignage saisissant de la décadence politique qui nous conduit droit dans les rets du FN! Merci à tous les glorieux acteurs de "NUIT DEBOUT"!!Est-ce bien dans la" thématique" du forum?