France-Controverse et exaspération policière après les incidents

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    * Plusieurs centaines d'interpellations 
    * Des policiers blessés et éprouvés 
    * La droite appelle à plus de fermeté 
    * Ne pas confondre autorité et énervement, dit Cazeneuve 
 
    par Simon Carraud 
    PARIS, 29 avril (Reuters) - Les débordements de ces derniers 
jours en marge des mouvements sociaux donnent lieu à un débat 
entre une partie de la droite, qui appelle à l'interdiction des 
manifestations, et le gouvernement, selon qui il ne faut pas 
céder à "l'énervement". 
    Lors d'une nouvelle journée de mobilisation contre la 
réforme du Code du Travail, 214 personnes ont été interpellées 
jeudi partout en France, selon le ministère de l'Intérieur, et 
78 policiers et gendarmes ont été blessés - dont un a été touché 
à la tête par un pavé.   
    Ces chiffres, auxquels il faut ajouter les quelques dizaines 
d'interpellations depuis le début des "Nuits debout" il y a un 
mois à Paris, alimentent l'exaspération de forces de l'ordre 
déjà très sollicitées en cette période d'état d'urgence.     
    Ce régime, instauré dans la foulée des attentats du 13 
novembre 2015, justifie selon des responsables de droite une 
interdiction de cortèges jugés incontrôlables.  
    "Il faut que ces manifestations qui dégénèrent de plus en 
plus (...) soient interdites", a plaidé vendredi matin le député 
Les Républicains Eric Ciotti sur iTELE. 
    "Il y a (...) une complaisance du gouvernement, qui a refusé 
d'intervenir pour exprimer l'autorité de la République. Le 
gouvernement a peur de s'aliéner l'extrême gauche, il refuse 
d'agir", a-t-il ajouté. 
     
    "EMPORTEMENT ET OUTRANCE" 
    La demande d'évacuation de la place de la République, où se 
tiennent chaque soir les "Nuits debout", est reprise par toute 
une frange de la droite, de François Fillon à Frédéric 
Péchenard, ancien commissaire de police devenu proche de Nicolas 
Sarkozy et élu d'Ile-de-France. 
    "Ça fait un mois que ça dure. Franchement, c'est beaucoup. 
Beaucoup trop", a jugé ce dernier sur RTL. 
    Réfutant toute accusation de laxisme, le ministre de 
l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, qualifie les violences 
d'"inacceptables", assure avoir donné des instructions de 
fermeté, mais souligne qu'il faut respecter les procédures. 
    "L'autorité de l'Etat, ce n'est pas l'abandon des principes 
de l'état de droit, ce n'est pas un Etat expéditif qui arrête et 
juge sans que les procédures n'aient été respectées", a-t-il 
déclaré vendredi matin à la presse. 
    "L'autorité de l'Etat, je le dis à tous ceux confondent 
autorité, énervement, emportement et outrance, suppose à chaque 
instant le respect rigoureux du droit", a ajouté le ministre. 
     
    POLICIERS A GENOUX 
    Pour les policiers, la charge de travail que représente le 
double mouvement contre le projet de réforme du Code du travail 
et "Nuit debout" s'ajoute à celle créée par les suites des 
attentats de novembre et par l'Euro de football, prévu du 10 
juin au 10 juillet. 
    Le porte-parole du syndicat policier Unité SGP Police-FO, 
Nicolas Comte, souhaite lui aussi que soient interdits les 
rassemblements de la place de la République, qui attirent selon 
lui des "casseurs" bien organisés. 
    "Tout ça conduit à de la fatigue et à un ras-le-bol, d'une 
part parce que ce sont des individus très violents, et surtout 
parce que, dans un climat de dégradation du climat social, c'est 
un mouvement qui dure", juge-t-il. 
    "Les policiers sont en permanence sollicités. Il y a de la 
colère, du découragement", poursuit-il. 
    Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du Syndicat des 
cadres de la sécurité intérieure (SCSI), parle quant à lui 
d'"appréhension" des forces de l'ordre. "Parce que c'est toute 
les semaines."   
    Les syndicats sont unanimes pour dire que les policiers sont 
déjà sur les genoux, comme le prouvent les plus de 17 millions 
d'heures supplémentaires en souffrance - et il est selon eux 
impossible de les récupérer dans la situation actuelle.   
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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  • g.joly1 le vendredi 29 avr 2016 à 14:51

    On ne va quand même pas bafouer les droits constitutionnels comme celui de la liberté de rassemblement simplement pour que les policiers se reposent. Peut-être qu'en se faisant embaucher en usine, ils auraient été moins fatigués ? Mais...pas sûr.